Après l’ultimatum de Trump, l’Iran menace de ‘’frapper partout’’ : Vers un point de non-retour ?

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L’Iran a franchi dimanche un nouveau palier dans la crise qui l’oppose aux États-Unis et à l’entité sioniste en promettant de s’en prendre à « l’ensemble des infrastructures énergétiques, informatiques et de dessalement » américaines et israéliennes dans la région si ses propres installations étaient touchées.

Cette déclaration, d’une rare précision, intervient moins de 24 heures après l’ultimatum lancé par le président américain Donald Trump, qui a donné 48 heures à Téhéran pour rouvrir le détroit d’Ormuz sous peine de frappes « commençant par la plus grande » centrale électrique iranienne. Le porte-parole du Quartier général central de Khatam al-Anbiya, organe suprême de coordination des opérations militaires iraniennes, a publié un communiqué lapidaire transmis à l’agence de presse officielle Fars :   « Si les infrastructures de carburant et d’énergie de l’Iran sont attaquées par l’ennemi, toutes les infrastructures énergétiques, informatiques et de dessalement appartenant aux États-Unis et au régime (israélien) dans la région seront ciblées». Le message ne laisse aucune ambiguïté : les cibles ne se limiteront pas aux bases militaires, mais viseront les terminaux pétroliers, les câbles sous-marins, les data-centers et surtout les gigantesques usines de dessalement du Golfe, dont dépendent plusieurs pays de la péninsule Arabique pour leur eau potable. Samedi soir, depuis la Maison Blanche, Donald Trump avait ouvertement brandi la menace :  « L’Iran a 48 heures pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Sinon, nous frapperons leurs centrales électriques, et nous commencerons par la plus grande. Ils savent très bien de laquelle je parle. » L’ultimatum fait suite à la fermeture effective du détroit depuis le début du mois de mars. Selon des données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) confirmées par plusieurs sources maritimes, le trafic pétrolier a chuté de plus de 85 % en trois semaines. Le baril de Brent a franchi les 148 dollars vendredi, un record depuis la guerre du Golfe de 1991. Les assureurs maritimes ont retiré leurs couvertures ; les tankers font désormais le détour par le cap de Bonne-Espérance, ajoutant 12 à 15 jours de navigation. Ces échanges verbaux interviennent sur fond de frappes américano-israéliennes déclenchées le 28 février 2026. Selon un bilan provisoire établi par l’ONU et des organisations humanitaires présentes à Téhéran, ces opérations ont déjà fait au moins 1 300 morts, dont le Guide suprême Ali Khamenei lui-même, tué lors d’une frappe de précision sur un site souterrain près de Natanz le 3 mars. La disparition du Guide a plongé le régime dans une période de succession tendue, mais n’a pas affaibli la détermination des Gardiens de la révolution. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré dimanche matin sur la chaîne Press TV : « L’Iran fera preuve de zéro retenue. Nous n’avons plus rien à perdre. Toute nouvelle attaque contre nos infrastructures vitales sera considérée comme une déclaration de guerre totale, avec toutes les conséquences qui en découlent». Le détroit d’Ormuz, par lequel transite normalement un cinquième du pétrole mondial, est devenu le point névralgique du conflit. Des sources militaires occidentales confirment que les forces iraniennes ont miné plusieurs chenaux et déployé des batteries de missiles anti-navires le long des côtes. Des vedettes rapides des Pasdarans ont intercepté et arraisonné au moins quatre tankers depuis le 5 mars. Les conséquences économiques se font déjà sentir au-delà de la région. En Europe, les prix à la pompe ont augmenté de 18 % en quinze jours. En Asie, la Chine et l’Inde, principaux clients du pétrole iranien, ont commencé à puiser dans leurs réserves stratégiques. Le Fonds monétaire international a averti que « toute prolongation de la fermeture d’Ormuz pourrait faire basculer l’économie mondiale dans une récession technique ». À Washington, le porte-parole du Département d’État a qualifié la menace iranienne de « rhétorique dangereuse et irresponsable ». Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a indiqué que « toutes les options sont sur la table », sans confirmer ni infirmer une éventuelle nouvelle vague de frappes. À Tel Aviv, le Premier ministre israélien a convoqué une réunion d’urgence du cabinet de sécurité. « Nous ne resterons pas les bras croisés face à des menaces existentielles », a-t-il déclaré. La Chine a appelé à « la plus grande retenue » et proposé ses bons offices. La Russie, alliée historique de Téhéran, a mis en garde contre « toute nouvelle agression américaine qui déstabiliserait l’approvisionnement énergétique mondial ». L’Union européenne, par la voix de son haut représentant, a demandé une « désescalade immédiate » et proposé l’envoi d’une mission humanitaire à Téhéran pour évaluer les besoins après les frappes.  Charef Slamani

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