Face à l’arrêt prolongé de plusieurs unités automobiles, le ministre de l’Industrie a tenu à clarifier, dans une réponse écrite au parlement datée du 10 mars, les orientations du gouvernement pour relancer ce secteur stratégique.
Selon ses explications, plusieurs sites emblématiques du montage SKD/CKD, notamment à Tiaret, Relizane, Batna et Sétif, ont été récupérés par l’État dans le cadre de la lutte contre la corruption. « Ces unités se limitaient aux infrastructures et équipements, sans licences de marques internationales », précise le ministre, rappelant les limites du modèle précédent. Pour dépasser ces contraintes, le ministère opte désormais pour une nouvelle approche industrielle. L’objectif est clair : conclure des partenariats avec des marques étrangères reconnues pour créer une véritable industrie automobile locale, loin du simple montage importé. Le décret exécutif 22-384 sert de cadre à cette stratégie, en imposant une production locale effective et un renforcement progressif du taux d’intégration nationale. Plusieurs constructeurs internationaux ont déjà manifesté leur intérêt et procédé à des visites techniques des sites industriels. Si certaines unités nécessitent encore une réhabilitation pour répondre aux normes modernes, le ministère assure que ces obstacles seront rapidement surmontés afin de lancer de nouveaux projets industriels. Cette relance vise également à générer un impact social significatif. « L’objectif est de créer un tissu industriel local, en impliquant les petites et moyennes entreprises et en augmentant le taux d’intégration nationale », souligne le ministre. Sur le terrain, des projets concrets voient déjà le jour. L’usine Fiat de Tafraoui est en pleine activité, tandis que Chery prépare une unité à Bordj Bou-Arréridj pour 50 000 véhicules par an. Hyundai prévoit un retour avec une production intégrant des composants algériens, et le projet JAC à Aïn Témouchent, en partenariat avec Emin Auto, cible jusqu’à 100 000 véhicules annuels. Geely, de son côté, projette une implantation à Médéa, et l’usine Renault d’Oued Tlelat poursuit sa modernisation pour répondre aux standards réglementaires. Avec cette feuille de route, le ministère de l’Industrie affiche une ambition claire : transformer un héritage industriel fragilisé en une base compétitive et durable. « Il ne s’agit pas seulement de relancer des usines, mais de bâtir une industrie automobile nationale compétitive et souveraine », conclut le ministre. Par Amina L.































