Sanctions économiques : l’autre guerre

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Les guerres d’aujourd’hui ne se gagnent plus seulement sur les champs de bataille. Elles se jouent dans les salles de marchés, les banques centrales, les ports et les bourses mondiales.

L’économie est devenue l’arme la plus redoutable du XXIᵉ siècle, plus propre en apparence, mais tout aussi destructrice. Les sanctions économiques, présentées comme des instruments de paix, sont désormais le visage poli d’une guerre silencieuse.

Qu’il s’agisse de la Russie, de l’Iran, de Cuba, du Venezuela ou de la Corée du Nord, les sanctions imposées par les grandes puissances frappent rarement les dirigeants visés. Ce sont les peuples, eux, qui en paient le prix : l’inflation galopante, les pénuries, la pauvreté, la peur du lendemain. Sous couvert de « défense des droits humains » ou de « maintien de la stabilité internationale », les puissants décident qui a le droit de commercer, de produire, de respirer économiquement.

Ces mesures unilatérales, souvent déguisées en décisions « morales », révèlent une logique implacable : celle de la domination. Les États-Unis et leurs alliés ont transformé le dollar en arme stratégique, contrôlant les circuits financiers mondiaux, dictant les échanges et punissant ceux qui refusent leur ordre. L’embargo est devenu une guerre sans déclaration, où l’asphyxie remplace la bombe.

L’Union européenne, souvent suiveuse, applique ces sanctions avec le même zèle que celui d’une puissance qui veut se donner bonne conscience. Mais combien d’économies africaines, arabes ou latino-américaines ont été écrasées sous le poids de ces décisions prises à Washington ou à Bruxelles ? Combien de millions d’innocents ont été privés de médicaments, d’électricité ou de pain, au nom de la « justice internationale » ?

Le paradoxe est cruel : on prétend sanctionner des régimes, mais on punit des peuples. On prétend défendre la liberté, mais on détruit des vies. Derrière les discours diplomatiques, les sanctions ne sont que l’autre visage de la guerre — plus froide, plus discrète, mais tout aussi brutale.

Face à cette nouvelle forme d’impérialisme économique, des nations tentent de s’émanciper : le retour au troc, aux monnaies locales, aux circuits alternatifs, ou encore à la coopération Sud-Sud. Des signes d’un monde qui refuse de rester prisonnier d’un ordre injuste.

Mais la route est longue. Tant que le commerce mondial restera contrôlé par ceux qui décident qui doit vivre et qui doit plier, la guerre économique restera l’arme des puissants contre les faibles.

Les bombes détruisent les villes, les sanctions détruisent les nations. Et dans les deux cas, les morts ont le même visage : celui des innocents.

  •   Par Belkacem

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