Bienvenue donc dans le « tunnel sombre », version géopolitique. Un tunnel sans lumière, sans sortie, mais avec beaucoup de discours rassurants pour faire passer la pilule. Car pendant que les chancelleries parlent de « désescalade », les arsenaux, eux, parlent un langage beaucoup plus clair.
En évoquant le spectre de la guerre du Vietnam, le vice-chef du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev ne fait pas de la nostalgie historique. Il rappelle une vérité brutale : les grandes puissances entrent facilement en guerre, mais en sortent rarement victorieuses. À Washington, on parle encore d’opérations « maîtrisées ». Comme si la guerre pouvait se contrôler comme un logiciel. Mais les conflits modernes ne s’exécutent pas, ils dérapent.
Lorsqu’un homme comme Dmitri Medvedev parle de guerre, il ne parle jamais uniquement du présent. Il parle d’un futur qu’il veut imposer dans les esprits. Et ce futur, selon lui, n’a rien d’une crise passagère : c’est un « tunnel sombre », une descente prolongée vers un désastre stratégique dont personne ne sortira indemne.
Le plus inquiétant n’est pourtant pas là. Il est dans ce glissement silencieux du Golfe vers l’idée nucléaire. Si les alliés découvrent que la protection américaine protège surtout Israël, alors la tentation devient logique : fabriquer sa propre sécurité. Résultat : entrer dans le club des puissances atomiques. Une assurance-vie… qui peut devenir un suicide collectif.
Au centre de ce chaos, une énigme : Mojtaba Khamenei. Invisible, silencieux, insaisissable. Un homme que personne ne voit, mais qui pourrait décider de tout. Dans un monde saturé d’images, l’arme la plus redoutée dépendrait d’un visage absent. Et le silence, en géopolitique, n’est jamais rassurant.
Pendant ce temps, Washington continue de vendre la guerre comme défensive, presque morale. Une guerre propre, nécessaire, inévitable. Le problème, c’est que toutes les guerres commencent ainsi… avant de devenir incontrôlables. L’histoire n’est pas un professeur écouté, c’est un témoin ignoré.
Medvedev, lui, ne prédit pas seulement un conflit. Il décrit une spirale. Une mécanique où chaque décision enferme un peu plus les acteurs dans un piège dont ils ne maîtrisent plus l’issue. Et comme toujours, ceux qui déclenchent ne sont pas forcément ceux qui paient.
Nous entrons peut-être dans une ère où la guerre ne se termine plus. Elle se transforme, s’étend, se recycle. Une guerre permanente, à intensité variable, mais à conséquences durables. Reste cette question, simple et dérangeante : sommes-nous encore au bord de l’incendie… ou déjà en train de brûler ?
- Par Belkacem






























