52 DEMANDES DE RECOUVREMENT ADRESSÉES À PLUSIEURS PAYS : L’Algérie intensifie la traque des fonds dissimulés à l’étranger

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Dans le cadre de la lutte continue contre la corruption et le blanchiment de capitaux, l’Algérie redouble d’efforts pour récupérer les fonds détournés par d’anciens responsables lourdement condamnés.  Selon le ministère de la Justice, plusieurs biens immobiliers, mobiliers et fonds ont déjà été récupérés, mais la mission reste complexe compte tenu de l’ampleur des sommes transférées illégalement à l’étranger, estimées à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Une délégation de la Commission des experts, mise en place par le ministère, a récemment mené des démarches diplomatiques auprès des pays concernés, afin de sensibiliser leurs autorités à l’importance de cette action. Ces efforts ont permis d’obtenir des résultats encourageants, a indiqué le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa, lors d’une journée d’étude organisée par la Haute Autorité de transparence et de lutte contre la corruption. Parallèlement, le procureur adjoint près la Cour d’Alger a précisé que 52 demandes de recouvrement ont été adressées à plusieurs pays étrangers, dont un en Afrique. Depuis juillet dernier, 335 commissions rogatoires internationales ont été envoyées à 32 pays pour traquer, geler et saisir les avoirs criminels, et 53 demandes de restitution des fonds ont été transmises à 11 pays, dont un pays africain. Le suivi de ces demandes est assuré en permanence par les autorités judiciaires algériennes, en coordination avec la Commission nationale d’experts chargée de la récupération des fonds détournés. Néanmoins, le ministre a reconnu que la coopération des pays concernés reste limitée, en raison de la complexité de leurs systèmes judiciaires et de la multiplicité des intervenants impliqués. Pour renforcer l’efficacité de cette lutte, la loi n°25-10 du 24 juillet 2025, modifiant la loi n°05-01 de 2005, a été promulguée afin de consolider le système financier national, renforcer la sécurité économique et harmoniser la législation algérienne avec les normes internationales, notamment les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI). Le président de la Cour d’Alger, Mohamed Bouderbala, a souligné que ces crimes constituent « une menace directe à l’économie nationale, à la crédibilité du système financier et à la stabilité sociale », justifiant l’amendement législatif. Le procureur général, Mohamed El Kamel Ben Boudiaf, a, pour sa part, insisté sur le caractère organisé et transnational de ces infractions, nécessitant des méthodes de travail adaptées et une approche proactive fondée sur la collecte et l’analyse continue des informations. Cette action traduit la volonté de l’État de renforcer l’État de droit, de protéger l’ordre public économique et de dissuader toute tentative de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme, tout en préservant la souveraineté nationale et les intérêts stratégiques de l’Algérie. Ismain

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