Riyad bombarde des armes destinées aux séparatistes du Sud Yémen : Ben Salmane avertit Ben Zayed

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L’Arabie Saoudite a procédé mardi à des frappes aériennes sur le port de Mukalla, dans l’est du Yémen, ciblant un chargement d’armes qu’elle accuse les Émirats arabes unis (EAU) d’avoir envoyé aux séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC). Cette action marque une escalade majeure dans les tensions entre les deux alliés du Golfe, qui se disputent l’influence sur le sud du Yémen au milieu d’un conflit prolongé.

Le bombardement, rapporté par des sources saoudiennes et yéménites, vise des navires transportant des véhicules blindés et des armes destinés aux forces du STC, un groupe séparatiste soutenu par Abu Dhabi qui milite pour l’indépendance du sud du Yémen. Riyad a qualifié cette livraison d' »extrêmement dangereuse » et a averti que sa sécurité nationale constituait une « ligne rouge » à ne pas franchir. Peu après l’attaque, le Conseil présidentiel yéménite, soutenu par l’Arabie Saoudite, a annulé un accord de défense avec les EAU et exigé le retrait de leurs forces du pays dans les 24 heures. Ces événements interviennent alors que le STC a récemment étendu son contrôle sur des parties de la province de Hadramout, ignorant les avertissements saoudiens. Des observateurs estiment que cette offensive séparatiste menace l’unité du Yémen, un objectif clé pour Riyad qui mène une coalition contre les rebelles houthis depuis 2015. Les EAU, bien qu’ayant réduit leur présence militaire en 2019, maintiennent une influence significative via le STC, perçu comme un moyen de sécuriser des intérêts économiques et stratégiques dans la région de la mer Rouge. Des témoignages sur les réseaux sociaux, y compris des publications sur X (anciennement Twitter), montrent des images de véhicules blindés émiratis débarqués à Mukalla, renforçant les accusations saoudiennes. Un utilisateur a décrit la situation comme une « guerre par procuration » entre Riyad et Abu Dhabi, soulignant les rivalités croissantes dans l’est du Yémen. Historiquement, l’Arabie Saoudite et les EAU ont coopéré dans la coalition contre les Houthis, mais leurs divergences sur l’avenir du Yémen se sont accentuées. Tandis que Riyad privilégie un Yémen unifié sous un gouvernement central, Abu Dhabi soutient les aspirations séparatistes du Sud pour contrer l’influence iranienne et sécuriser des ports stratégiques. Cette rivalité s’étend également à d’autres théâtres, comme le Soudan, où les deux pays appuient des factions opposées. Par ailleurs, l’état d’urgence a été décrété pour une durée de 90 jours à compter de mardi, dans le cadre de la lutte contre les tentatives visant à diviser le pays, a annoncé le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad al-Alimi. Le Yémen a annoncé aussi l’annulation de l’accord de défense conjoint avec les Émirats arabes unis (EAU) et a appelé au retrait de toutes les forces émiraties dans un délai de 24 heures, à la suite de l’acheminement d’armes par Abou Dhabi aux forces du Conseil de transition du Sud dans le sud du pays. « Toutes les forces émiraties doivent se retirer de l’ensemble du territoire yéménite dans un délai de 24 heures », a déclaré le président du Conseil présidentiel de direction yéménite, Rashad al-Alimi, dans une allocution télévisée.

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