Quand Rabat s’aligne sur Tel-Aviv

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Alors que « Gaza continue de saigner », que les décombres recouvrent des quartiers entiers et que les crimes commis contre des civils sans défense demeurent impunis, l’armée de l’entité Israélienne et les Forces armées royales marocaines choisissent de célébrer, sans gêne ni retenue, le cinquième anniversaire des accords d’Abraham.

Une célébration indécente, presque provocatrice, au regard de la tragédie palestinienne qui se déroule sous les yeux d’un monde tétanisé. Pire encore, cette commémoration ne se limite pas à un simple geste diplomatique : elle s’accompagne de l’annonce de l’élaboration d’un plan d’action militaire commun pour 2026, actée lors de la troisième réunion de la commission militaire conjointe tenue récemment à Tel-Aviv. Un pas supplémentaire dans une coopération sécuritaire qui ne peut être dissociée des crimes de guerre perpétrés par l’armée israélienne à Gaza.

Cette alliance militaire, conclue avec une armée accusée par les ONG internationales, les instances onusiennes et les opinions publiques mondiales de violations massives du droit international humanitaire, constitue une faillite morale majeure. Elle place le Maroc en porte-à-faux avec l’histoire, avec les luttes de libération des peuples et avec le sentiment profond des sociétés arabes et africaines, qui continuent de considérer la cause palestinienne comme une cause juste et universelle.

Comment justifier une telle coopération alors que des milliers d’enfants palestiniens ont été tués, que des hôpitaux ont été bombardés et que la famine est utilisée comme arme de guerre ? Comment parler de sécurité commune lorsque cette sécurité est bâtie sur la normalisation de l’impunité et la négation des droits les plus élémentaires d’un peuple occupé ?

Les accords d’Abraham, présentés comme des instruments de paix, révèlent ici leur véritable nature : des accords de militarisation et d’alignement stratégique, loin de toute perspective de justice ou de stabilité régionale. En s’associant militairement à l’entité Israélienne, Rabat ne célèbre pas la paix, mais participe à la banalisation de la violence coloniale.

L’histoire retiendra que pendant que Gaza brûlait, certains ont choisi de fêter, planifier et s’armer. Elle jugera sévèrement ceux qui ont préféré les calculs géopolitiques à la dignité humaine. Car aucune alliance, aussi sophistiquée soit-elle, ne saurait effacer une vérité fondamentale : on ne construit pas la paix sur les ruines des peuples opprimés.

Par Belkacem

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