Rabat 2025 : quand la CAN flirte avec le crime

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La finale de la CAN 2025, remportée par le Sénégal face au Maroc (1-0), aurait dû rester un moment de célébration sportive. Elle risque pourtant de s’inscrire durablement dans l’histoire du football africain pour de bien plus sombres raisons.

Les révélations du défenseur sénégalais Ismaïla Jakobs ont rouvert une plaie que beaucoup pensaient refermée : celle des malaises inexpliqués ayant frappé trois joueurs sénégalais à quelques heures et minutes d’un match décisif.

En sortant du silence, Jakobs n’a pas seulement exprimé un malaise personnel ; il a jeté un pavé dans la mare. Sans avancer de preuves formelles, il évoque un « soupçon d’empoisonnement », excluant la thèse d’une simple intoxication alimentaire. Les images décrites — des joueurs s’effondrant, incapables de parler ou de réagir — soulèvent une question lourde de conséquences : peut-on encore garantir l’intégrité physique des sportifs lors des grandes compétitions africaines ?

Les faits, eux, sont avérés : Krépin Diatta, Ousseynou Niang et Pape Matar Sarr ont été victimes de malaises sérieux et ont dû être hospitalisés à Rabat le jour même de la finale. Les causes exactes, en revanche, n’ont jamais été établies publiquement de manière claire et indépendante. C’est précisément ce silence qui alimente aujourd’hui les soupçons et les rumeurs.

Mais l’affaire ne s’arrête pas au rectangle vert. La mort troublante du journaliste malien Mohamed Soumaré, retrouvé sans vie dans sa chambre d’hôtel à Rabat alors qu’il couvrait la CAN, ajoute une dimension autrement plus grave à cette séquence. Là encore, les interrogations abondent. Surveillance présumée, convocations policières, pressions alléguées : autant d’éléments rapportés dans certains cercles médiatiques, mais qui appellent des éclaircissements officiels et transparents.

Face à ces accusations croisées, une seule voie est acceptable : celle de la vérité établie par des enquêtes sérieuses. Le football africain ne peut se permettre de laisser planer le doute sur l’équité des compétitions, ni sur la sécurité des joueurs et des journalistes. À défaut, c’est la crédibilité même de la CAF et des grandes manifestations sportives du continent qui serait durablement entamée.

Le sport n’est pas un champ de bataille, et encore moins un terrain d’opérations obscures. Si les accusations sont infondées, elles doivent être formellement démenties par des preuves. Si elles sont fondées, les responsabilités doivent être établies sans complaisance. Entre silence et rumeurs, le pire ennemi reste l’opacité.

Par Belkacem

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