Affaire « Imetal » : l’ancien ministre Ali Aoun devant la justice

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L’ancien ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, comparaîtra officiellement devant la justice le lundi 2 février 2026, dans le cadre de la lourde affaire de malversation connue sous le nom de « dossier Imetal ».

Placé sous contrôle judiciaire, l’ex-ministre sera jugé aux côtés de 25 autres personnes, dont plusieurs hauts responsables et hommes d’affaires. L’audience se tiendra devant la chambre économique et financière du tribunal de Sidi M’hamed, compétente en matière de criminalité économique et financière. Parmi les principaux mis en cause figurent « le fils de l’ancien ministre, M. Aoun, l’homme d’affaires Abdelnour, plus connu sous le surnom de « Nounou Manita », originaire d’Oran, ainsi que le directeur général de la société Fondal et le président-directeur général du complexe sidérurgique Sider El Hadjar.

Le dossier implique également des personnalités connues, dont l’ancien président de la Fédération algérienne de football, Charaf Eddine Amara, l’ancien directeur général de l’hôtel El Aurassi, un concessionnaire automobile représentant une marque chinoise, ainsi que d’autres cadres et responsables poursuivis dans cette affaire tentaculaire.

L’enquête porte sur de graves faits de corruption liés à la gestion du groupe public Imetal, spécialisé dans les industries métallurgiques et sidérurgiques. Les accusations concernent notamment des transactions suspectes, des opérations de trafic et de manipulation dans l’achat et la vente de déchets de fer et de résidus de cuivre, ainsi que l’octroi de marchés en violation des règles légales en vigueur.

Les chefs d’inculpation retenus sont particulièrement lourds : octroi d’avantages indus, attribution illégale de contrats, détournement de fonds publics, abus de pouvoir et abus de fonction, des faits passibles de lourdes peines au regard de la législation algérienne en matière de lutte contre la corruption.

Le juge d’instruction de la troisième chambre du pôle pénal économique et financier près le tribunal de Sidi M’hamed avait, en juillet 2024, ordonné une enquête complémentaire approfondie, au lieu d’un renvoi immédiat en jugement. Cette décision faisait suite à l’apparition de nouveaux indices et éléments probants, révélant l’implication présumée d’autres responsables dans ce dossier sensible.

Par ailleurs, la chambre d’accusation du Conseil de justice d’Alger, dans une décision rendue en novembre 2024, avait rejeté les demandes de mise en liberté introduites par plusieurs accusés, notamment le fils de l’ancien ministre, Nounou Manita, le directeur général de Fondal, ainsi que le PDG de Sider El Hadjar. Elle avait ainsi confirmé leur placement en détention provisoire.

En revanche, certaines figures poursuivies, à l’instar de « Charaf Eddine Amara et de l’ancien directeur de l’hôtel El Aurassi », ont été placées sous contrôle judiciaire, tandis que la mesure d’interdiction de quitter le territoire national a été maintenue à l’encontre de «  A. Ch. », directeur général d’un concessionnaire automobile.

L’affaire Imetal, par l’ampleur des montants en jeu et le profil des personnes poursuivies, symbolise les dérives ayant longtemps fragilisé des secteurs clés de l’économie nationale.

  • Par Belkacem

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