Bruxelles met fin aux illusions : marocaines sur le Sahara

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Le scandale du « Maroc-gate », révélant les tentatives de Rabat pour influencer discrètement le Parlement européen, et le retour de Trump sur la scène internationale, semblaient offrir au Makhzen l’occasion de consolider sa stratégie de fait accompli sur le Sahara occidental. Mais la réalité diplomatique est venue remettre les pendules à l’heure. L’Union européenne, fidèle à la légalité internationale et au processus onusien, a réaffirmé sa position sur le dossier sahraoui, infligeant un sérieux revers aux ambitions marocaines.

Le 29 janvier 2026, à Bruxelles, la Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a transmis à Nacer Bourita, chef de la diplomatie marocaine, la position officielle de l’UE à l’occasion du Conseil d’association UE-Maroc. Sans ambiguïté, Bruxelles réaffirme son soutien au processus mené par l’ONU et à la résolution 2797 du Conseil de sécurité, tout en évitant de reconnaître le plan d’autonomie marocain comme solution exclusive.

À l’arrivée de la réunion, Kaja Kallas a souligné que cette position, qualifiée de « clarification », découle directement de la résolution adoptée en octobre dernier par le Conseil de sécurité. Elle confirme l’attachement de l’UE à une solution durable « menée par l’ONU » et maintient intact le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Aucun signe de reconnaissance de souveraineté marocaine ou d’«endorsement » du plan d’autonomie n’a été exprimé au nom des Vingt-Sept.

Cette précision, bien plus qu’une nuance diplomatique, est un avertissement politique clair. Depuis des années, Rabat tente de présenter chaque déclaration occidentale comme un ralliement à son projet. L’UE, elle, s’en tient à une ligne collective et juridique stricte : le Sahara occidental reste un territoire non autonome, dont le statut ne peut être redéfini unilatéralement.

La résolution 2797, souvent instrumentalisée par Rabat, ne consacre en aucun cas l’autonomie marocaine comme solution finale. Elle s’inscrit dans la continuité du processus de décolonisation reconnu par les Nations unies et exige une solution négociée et librement acceptée par les parties. En se référant explicitement à ce cadre, l’UE rappelle que la question sahraouie n’est pas un différend interne au Maroc, mais un dossier de décolonisation en suspens.

La communication de Kaja Kallas souligne également les limites de l’alignement européen sur Rabat. Si Bruxelles continue de qualifier le Maroc de « partenaire stratégique » et souhaite renforcer la coopération économique, sécuritaire et migratoire, elle refuse toute entorse au droit international. Contrairement à certaines positions unilatérales adoptées ailleurs, l’UE ne reconnaît pas l’annexion de fait et maintient intact le principe du référendum d’autodétermination.

Derrière le vernis diplomatique et les formules consensuelles, le message est limpide : le Sahara occidental n’est pas clos, le référendum n’est pas effacé, et le processus de décolonisation reste une obligation internationale. Les Sahraouis, à travers cette clarification européenne, viennent de faire voler en éclats les artifices coûteux déployés par le Makhzen pour imposer son plan d’autonomie au monde.

En somme, Bruxelles rappelle à Rabat que le droit international n’est pas négociable. Dans ce dossier, le Makhzen devra compter avec les principes et la prudence juridique de l’Union européenne, et non avec la fiction d’un soutien automatique à son projet d’autonomie. Amina L.

 

 

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