Quand « Epstein » finançait l’extrême droite française

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L’affaire Epstein n’est plus celle d’un prédateur isolé, mais le miroir dérangeant d’un ordre mondial où l’influence politique, financière et médiatique neutralise la justice. Trois millions de documents aujourd’hui déclassifiés lèvent le voile sur des réseaux tentaculaires et une vérité longtemps différée.

Derrière le suicide officiellement acté de l’homme d’affaires américain dans une prison new-yorkaise en 2019, subsiste une question obsédante : comment un tel réseau a-t-il pu prospérer si longtemps, au vu et au su de tant de responsables politiques, financiers et médiatiques ?

Jeffrey Epstein gravitait au cœur des élites mondiales. Les noms cités, documentés ou évoqués au fil des enquêtes donnent le vertige : l’ancien président américain Bill Clinton, le prince Andrew de la famille royale britannique, de grands banquiers de Wall Street, des universitaires influents, des avocats prestigieux, sans oublier des célébrités du monde culturel et médiatique. Tous n’ont pas été poursuivis, tous ne sont pas coupables, mais tous ont bénéficié, à des degrés divers, d’un système où l’argent, le pouvoir et les relations effacent trop souvent les lignes rouges.

La récente déclassification par le ministère de la Justice américain de près de « trois millions de documents » marque un tournant majeur. Courriels, témoignages, carnets de vols, listes de contacts, transactions financières : cette masse colossale d’archives éclaire d’un jour cru l’ampleur du réseau Epstein et la lenteur, voire la réticence, de certaines institutions à agir. Ces documents confirment ce que beaucoup soupçonnaient déjà : Epstein n’était pas un loup solitaire, mais un rouage central d’un écosystème de prédation protégé par le prestige et l’influence.

Au cœur de cette affaire, les victimes restent les grandes oubliées. Des jeunes filles mineures, souvent issues de milieux modestes, recrutées, manipulées et réduites au silence, pendant que leurs bourreaux continuaient à fréquenter palais, universités et salons feutrés. La justice, lorsqu’elle tarde ou transige, devient une seconde violence.

Parmi les révélations moins médiatisées de la déclassification massive des « Epstein files », figurent des échanges d’e-mails entre Jeffrey Epstein et des stratèges politiques internationaux, dont Marine Le Pen, dans le cadre d’un projet visant à renforcer des alliances de droite au Parlement européen. ». Les archives révélées fin janvier jettent en effet un trouble sur les liens de J. Epstein avec l’extrême droite française, en particulier la famille de Marine Le Pen. Des connexions qui tendent à montrer les liens de l’extrême droite avec les capitalistes, russes ou américains, y compris ceux liés au trafic d’être humains et à la pédocriminalité. Des allégations numériques plus sensationnalistes qui circulent en ligne témoignent d’un financement direct de  la campagne électorale « Marine Le Pen » .  Des échanges de messages parlent d’un  montant de « 4,7 millions » d’euros qui auraient été versés à la campagne de Bardella en 2019.

L’affaire Epstein dépasse désormais le cadre judiciaire. Elle interroge la crédibilité des démocraties occidentales lorsqu’elles prêchent l’État de droit au reste du monde, tout en fermant les yeux sur les crimes des leurs ..?

  • Par  Belkacem

 

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