Argent détourné : retour au pays

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Le retour annoncé de plus de 110 millions de dollars de fonds détournés marque une étape importante, mais surtout révélatrice, dans le long combat que mène l’Algérie pour récupérer une richesse spoliée pendant des années.

Derrière ce chiffre, il y a bien plus qu’une victoire financière : il y a une bataille politique, diplomatique et morale. La récupération de ces fonds, annoncée par Ahmed Attaf, illustre que la volonté politique peut produire des résultats concrètes, à condition d’être accompagnée d’une stratégie cohérente et d’une diplomatie active.

Le rôle de la Confédération suisse dans ce dossier mérite d’être souligné. Longtemps perçue comme un sanctuaire bancaire difficilement accessible, elle a cette fois répondue favorablement à une partie des demandes algériennes. Ce geste, tout comme celui du Royaume d’Espagne, démontre que la coopération internationale n’est pas une illusion… mais une question de volonté.

À l’inverse, le silence persistant de la France face à 61 commissions rogatoires interroge. Il ne s’agit pas ici de polémique gratuite, mais d’un constat. Pourquoi certains dossiers avancent-ils quand d’autres stagnent ? Pourquoi la justice internationale semble-t-elle fonctionner à géométrie variable dès lors qu’il s’agit d’avoirs issus de pays du Sud ?

La lutte contre les flux financiers illicites ne peut être sélective. Elle ne peut être crédible si elle dépend de calculs politiques ou d’intérêts économiques dissimulés. En ce sens, l’expérience algérienne met en lumière une vérité dérangeante : récupérer son argent à l’étranger relève parfois davantage du rapport de force que du simple droit.

Mais il serait réducteur de s’arrêter à cette lecture. Cette récupération de fond doit aussi servir d’électrochoc interne. Car au-delà du montant récupéré, cette opération revêt une portée symbolique et politique forte. Elle s’inscrit dans une stratégie globale visant à restaurer la confiance, renforcer la transparence financière et réaffirmer la souveraineté économique de l’Algérie face aux pratiques de prédation du passé. En définitive, ces 110 millions de dollars ne sont qu’un début. L’essentiel reste à venir.

  • Par Belkacem

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