Sur les panneaux, plus d’indication « Bosquet ». Depuis 1962, c’est Hadjadj.
Commune de la wilaya de Mostaganem. Daïra de Sidi Lakhdar. Ancien centre de colonisation créé en 1856, renommé à l’indépendance en hommage au martyr Hadjadj Abdelkader.
L’ancienne mairie de l’époque coloniale est toujours là. Façade ocre, toiture en tuiles rouges, horloge arrêtée à 10h17. Un panneau discret rappelle :« Centre de colonisation Bosquet, 1856 ».
Le nom « Bosquet » vient du général Pierre Bosquet, héros de la guerre de Crimée. En 1856, l’administration coloniale trace le plan d’un village agricole. 42 familles françaises et alsaciennes s’installent.
L’architecte français du plan trace une place centrale, une église, une école, un marché.
Hadjadj vit de l’agriculture irriguée. Le barrage de Kramis, à 15 km, alimente le périmètre depuis 1988. L’eau arrive par canalisation. Sans elle, rien ne pousse sur ces sols calcaires.
La commune fournit 12% de la production d’agrumes de la wilaya de Mostaganem. La saison de récolte s’étale de novembre à mars.
L’ancienne église Saint-Pierre, devenue mosquée El Fath.Transformée en 1970, elle garde sa structure néo-romane. Clocher devenu minaret. À côté, l’école primaire Frères Medjahed occupe l’ancien groupe scolaire colonial. Les murs épais de 60 cm gardent la fraîcheur l’été.
AU marché des émigrés qui s’implante chaque jour sur la rue principale. C’est made in France , là où les visiteurs des quatre coins de la wilaya trouvent ce qu’ils n’ont pas trouvé ailleurs. Légumes, volailles, matériels agricoles, électroménager, pièces détachées et autres. « Hadjadj, c’est le grenier de la daïra »_, dit un revendeur de Sidi Lakhdar.
La pomme de terre et la tomate sous serre complètent les agrumes depuis les années 2000. Plus de 120 hectares de serres sont recensés en 2024 par la DSA de Mostaganem.
« Hadjadj Abdelkader » c’est pour lui que Bosquet est devenu Hadjadj. Né en 1928 dans ce douar, il rejoint l’ALN en 1956. Agent de liaison entre le maquis du Dahra et les cellules urbaines de Mostaganem. Arrêté en février 1959, il meurt sous la torture à la ferme Amiot. Décret du 12 avril 1964 : le centre de colonisation Bosquet est rebaptisé Hadjadj. Une stèle est érigée à l’entrée du village. « Martyr de la Révolution, 1928-1959 ».
Hadjadj n’a pas de façade maritime, mais son territoire descend jusqu’à 8 km de la mer. Les vents du nord apportent l’humidité qui sauve les vergers en été.
Hadjadj reste une commune rurale. 85% de la population active travaille dans l’agriculture ou l’agroalimentaire.




























