Par Dr Abderrahmane MEBTOUL,
Professeur des universités, expert international
Les élections législatives du 02 juillet 2026 en Algérie ont atteint 20,79% (taux provisoire) au niveau national et celle du vote de la communauté nationale à l’étranger 10, 67%, à la clôture des bureaux de vote selon l’autorité nationale indépendante des élections -ANIE- (source agence officielle du gouvernement (APS), contre 23% en juin 2021 et 35,37 % en mai 2017, (taux définitif -source ministère de l’intérieur) un taux relativement faible. Cela n’est pas propre à l’Algérie, les citoyens faisant de moins en moins confiance au politique. Il s’agira d’analyser sans passion et sinistrose les causes ou certains candidats qui n’ont fait que multiplier des promesses démagogiques et des engagements loin de la réalité et ce face à une jeunesse parabolée qui aspire à un discours de vérité. Il faudra en tirer les leçons , car nous ne pouvons pas ne pas reconnaître le décalage qui existe entre les potentialités que recèle l’Algérie, et elles sont énormes, et le niveau de développement non proportionnel aux dépenses monétaires que le pays a atteint après plusieurs décennies d’indépendance, l’Algérie fêtant le 05 juillet le 64ème anniversaire de son indépendance . Etant non partisan , mus uniquement par les intérêts supérieurs du pays , je livre dix actions dont chaque point a été largement développé dans mes contributions nationales et internationales.
1-Face aux contraintes politiques sociales et économiques internes et externes s’impose la véritable stratégie nationale d’adaptation au phénomène total et inexorable que sont les mutations tant internes que mondiales économiques et géostratégiques et se poser cette question la place de l’Algérie au sein des espaces euro méditerranéens et africains son espace social naturel ?
2- Il s’agira d’engager les véritables réformes du système politique, centre névralgique de la résistance au changement et à l’ouverture en choisissant clairement des femmes et hommes d’une haute moralité
3- la réforme de la justice par l’application et l’adaptation du Droit, par la lutte contre la corruption évitant sa socialisation car un danger pour la sécurité nationale ?
4- Etant différées, douloureuses d’où l’urgence d‘une austérité partagée et d’une moralité sans faille de ceux qui auront à diriger la Cité, il s’agira d’engager de véritables réformes structurelles économiques timidement réalisées du fait de rapports de forces contradictoires qui se neutralisent pour le partage de la rente des hydrocarbures
5- La réforme du système éducatif, centre d’élaboration et de diffusion de la culture et de l’idéologie de la résistance au changement et à la modernisation du pays misant sur le nombre au détriment de la qualité expliquant que le niveau élevé de chômeurs diplômés et l’exode de cerveaux pour les meilleurs
6- La du système financier qui est un préalable essentiel à la relance de l’investissement privé national et étranger, les banques publiques et privées étant au cœur d’importants enjeux de pouvoir entre les partisans de l’ouverture et ceux de préservation des intérêts de la rente, étant considérée, à juste titre, comme l’indice le plus probant de la volonté politique de l’Etat algérien d’ouvrir ou non l’économie nationale à la libre entreprise
7- Loin des injonctions administratives , intégrer la sphère informelle, loin des mesures autoritaires et déconnectées des réalités expliquant l’échec récent relatif de l’emprunt obligataire, contrôlant 40% de la masse monétaire en circulation et 65% des segments des produits de première nécessité
8- la réforme du secteur des capitaux marchands de l’Etat dont plus de 80% des entreprises publiques sont en déficit structurel, et le secteur des hydrocarbures, lieu de la production de la rente avec les dérivées( inclus dans la rubrique exportation hors hydrocarbures marginales ) procurant 97/98% des recettes en devises du pays, qui a besoin d’un nouveau management stratégique
9- La réforme de l’agriculture par une nouvelle politique foncière et une nouvelle politique de gestion de l’eau ?
10- Facteur de cohésion sociale, initier une nouvelle gestion des stratégies sociales et la mise en place de nouveaux mécanismes de régulations sociales devant revoir la gestion des caisses de retraite et de la sécurité sociale
En résumé, en ce début de juillet 2026 , c’est la fin de la légitimité révolutionnaire, du socialisme de la mamelle afin de légitimer l’échange d’une partie de la rente contre la dépendance et la soumission politique – et qui efface tout esprit de citoyenneté active où s’impose la norme du droit et de la morale qui doit reprendre sa place pour légitimer le véritable statut de la citoyenneté. Afin d’éviter le divorce Etat-citoyens s’impose un renouveau de la gouvernance centrale et local, de réorganiser sur des fondements démocratiques les partis politiques et la société civile en mettant en place des réseaux intermédiaires efficaces entre l’Etat et le citoyen renvoyant d’ailleurs à une réelle décentralisation à ne pas confondre avec déconcentration avec la création de nouvelles entités administratives bureaucratiques, et à une plus cohérence de la politique économique qui devra s’insérer au sein d’une planification stratégique qui fait cruellement défaut.
Il s ‘agira impérativement d’éviter les replâtrages inutiles en différant les réformes de structures et de prendre en compte ce désir de changement de la majorité de la population et combattre toute forme de xénophobie et d’intolérance, selon la fameuse phrase de Voltaire : « monsieur je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai de toutes mes forces pour que vous puissiez le dire ». Du fait des importants bouleversements géostratégiques mondiaux qui s’annoncent entre 2026/2030, l’Algérie qui traverse une phase cruciale de son histoire a besoin qu’un regard critique et juste soit posé sur sa situation sur ce qui a déjà été accompli et sur ce qu’il s’agit d’accomplir encore au profit exclusif d’une patrie qui a besoin de se retrouver et de réunir tous ses enfants autour d’une même ambition et d’une même espérance : un développement harmonieux conciliant l’efficacité économique et une profonde justice sociale.






























