Législatives du 2 juillet : Le FLN conserve la première place, retour en force du RND

0
41

L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a rendu publics, lundi après-midi, les résultats provisoires des élections législatives du 2 juillet, quatre jours après la fermeture des bureaux de vote. Sans surprise majeure, le scrutin confirme la domination des partis traditionnellement proches du pouvoir, dans un paysage parlementaire une nouvelle fois marqué par une abstention record.

Selon les chiffres communiqués par l’ANIE, le Front de libération nationale (FLN) a eu 90 sièges suivi du Rassemblement national démocratique (RND) 73, le Front El Moustakbal 59, Mouvement de la société pour la paix (MSP) 43, Mouvement Bina 38 tandis que le Front des forces socialistes (FFS) a eu 12 et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) seulement 4. Les 88 sièges restants reviennent à d’autres formations politiques et à des listes de candidats indépendants, dont le poids recule sensiblement par rapport à la législature sortante. Le Front de libération nationale conserve, comme attendu, son statut de première force parlementaire du pays. Avec 90 sièges, l’ex-parti unique enregistre toutefois un net recul par rapport à la précédente Assemblée, où il disposait d’une majorité bien plus large. Ce tassement s’explique en partie par la percée du RND, qui talonne désormais le FLN de près, et par l’émergence de formations comme le parti Moustakbel, dirigé par Fateh Boutbig, qui s’impose comme la troisième force du pays. C’est sans doute la principale surprise de ce scrutin : le Rassemblement national démocratique de Monder Bouden réalise une performance remarquée, avec 73 sièges. Le parti confirme ainsi sa remontée déjà perceptible lors du dépouillement des résultats partiels à Alger, où il s’était classé en deuxième position. Ce résultat consolide le duo FLN-RND à la tête de l’Assemblée, un attelage qui devrait, selon toute vraisemblance, reconduire la configuration actuelle de l’Exécutif. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), principale formation islamiste du pays, obtient 43 sièges, un score qui marque un recul par rapport à la précédente législature. Le parti avait pourtant dénoncé, en amont du scrutin, l’invalidation de plusieurs de ses listes de candidats par l’ANIE, évoquant une volonté de « contrôler les résultats » des élections. Le Mouvement Bina, autre formation se réclamant de la mouvance islamiste, complète ce bloc avec 38 sièges, confirmant son ancrage dans le paysage politique national. Les deux formations généralement considérées comme les plus critiques à l’égard du pouvoir affichent des scores modestes. Le Front des forces socialistes (FFS), doyen des partis d’opposition, obtient 12 sièges, tandis que le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) n’en décroche que 4. Le RCD avait pourtant dénoncé, dès la phase de dépôt des candidatures, le rejet de plusieurs de ses listes — notamment à Alger — pour une non-conformité liée aux parrainages, une pratique qu’il jugeait de nature à « neutraliser le pluralisme politique ». Ces résultats interviennent dans un contexte de participation historiquement faible. Le taux de participation provisoire s’est établi à 20,79 % à l’intérieur du pays et 10,67 % au sein de la diaspora, un niveau que l’ANIE elle-même a qualifié d’inédit pour un scrutin législatif, malgré la prolongation d’une heure des opérations de vote décidée le jour même dans les 69 wilayas du pays. Ce chiffre confirme une tendance baissière continue : la participation était de 42,9 % en 2012, 23 % en 2021, avant de tomber à moins de 21 % cette année. Ce scrutin a par ailleurs été marqué par un contrôle administratif très strict des candidatures. Au total, 1 762 candidatures représentant 61 listes ont été rejetées par l’ANIE, touchant 21 partis politiques, pour des motifs allant du « nomadisme politique » à des liens supposés avec des « milieux d’affaires et d’activités suspectes ». Plusieurs formations d’opposition, dont Jil Jadid, le MSP et le RCD, avaient dénoncé ces invalidations comme une manœuvre destinée à verrouiller le jeu politique en amont du vote. Le président par intérim de l’ANIE, Karim Khelfane, avait pour sa part justifié ces décisions par la nécessité de faire respecter les dispositions légales encadrant le régime électoral. Avec un total cumulé de 163 sièges, le FLN et le RND disposent, ensemble, d’un poids largement suffisant pour reconduire une majorité parlementaire acquise à l’Exécutif, d’autant que le MSP et le Mouvement Bina, souvent considérés comme des partenaires de circonstance plutôt que comme une opposition frontale, portent à plus de 240 le nombre de sièges détenus par des formations jugées proches, de près ou de loin, du pouvoir en place. Les analystes politiques ne s’attendaient d’ailleurs pas à un bouleversement de la carte politique nationale, la campagne électorale s’étant déroulée sans incident notable et le filtrage des candidatures ayant, selon plusieurs organisations de la société civile, réduit d’avance les marges de surprise. Les résultats définitifs doivent encore faire l’objet d’une validation par les autorités compétentes avant la proclamation officielle de la composition de la nouvelle Assemblée populaire nationale.  Par Charef S.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici