Treize (13) accusés ont été placés en détention provisoire et vingt-huit (28) autres sous contrôle judiciaire dans une affaire liée à l’abus de fonction, au trafic d’influence, à la dilapidation de deniers publics, à la violation des dispositions législatives et réglementaires relatives à la conclusion de marchés publics et au blanchiment d’argent, dans le cadre de l’opération d’importation des moutons de l’Aïd Al-Adha 2026, a indiqué le procureur général près la Cour d’Alger, Mohamed Kamel Ben Boudiaf.
Lors d’une conférence de presse consacrée à cette affaire, le procureur général a précisé que 41 mis en cause ont été déférés devant le procureur de la République près le Pôle pénal économique et financier, lesquels sont impliqués dans des affaires de fraude concernant l’opération d’importation d’un million de têtes ovines à l’occasion de l’Aïd Al-Adha, et poursuivis pour les délits « d’abus de fonction, de trafic d’influence, de dilapidation de deniers publics, de violation des dispositions législatives et réglementaires relatives à la conclusion de marchés publics et de blanchiment d’argent ». Après l’audition des mis en cause, le juge d’instruction a ordonné le placement de 13 accusés en détention provisoire et la mise des autres prévenus sous contrôle judiciaire. « La plupart d’entre eux sont des responsables des points de vente, poursuivis pour le délit de négligence manifeste ». Le procureur général près la Cour d’Alger a souligné que les services de sécurité compétents ont ouvert l’enquête sur instruction du parquet près le Pôle pénal économique et financier, « immédiatement après la détection d’indices sérieux faisant état de dysfonctionnements et de dépassements ayant entaché l’opération d’importation des bêtes de sacrifice de l’Aïd, mise en œuvre en application des directives des hautes autorités visant à garantir la disponibilité des moutons et à en réguler les prix ». Les enquêtes préliminaires ont révélé l’existence de « dépassements ayant touché deux (2) volets principaux: le premier concerne les aspects sanitaires et vétérinaires, et le second a trait aux aspects financiers et contractuels liés à la passation des marchés publics ». Sur le plan sanitaire, le procureur général a précisé que l’opération a permis l’importation de 1.002.332 têtes ovines durant la période allant du 25 mars au 29 mai 2026 au profit de l’Algérienne des viandes rouges (ALVIAR). Cependant, les investigations ont révélé « une faille dans la protection de la sécurité sanitaire ». En effet, avant le déchargement de la cargaison du navire, l’inspectrice vétérinaire des postes frontaliers de Béjaïa avait signalé au directeur général des services vétérinaires du ministère de l’Agriculture la présence de « symptômes cliniques révélateurs de maladies contagieuses ». Pour justifier cette situation, le directeur général a dépêché une commission ne disposant pas de l’expertise requise. Ces décisions ont entraîné la mort de 3.615 têtes et l’abattage sanitaire de 10.727 autres têtes issues de cette cargaison, tandis que des milliers d’autres têtes ont été retenues à titre conservatoire. Les enquêtes ont également révélé des manœuvres frauduleuses dans le pays d’origine en date du 23 avril dernier, consistant à remplacer, avant leur embarquement, les ovins agrées par d’autres d’origine inconnue, a ajouté le procureur général. Concernant le volet financier, les investigations ont fait ressortir de « solides indices » prouvant le contournement des règles de la concurrence et de passation des marchés publics lors de la consultation internationale N°2 de l’année 2026 relative à l’importation d’un million de têtes ovines, et ce à travers le recours, dans un premier temps, à des procédures formelles, pour donner l’apparence du respect de la loi, avant de procéder ensuite à une passation de gré à gré simple, la plus grande part du marché, portant plus de 700.000 têtes, ayant été attribuée à seulement quatre (4) opérateurs principaux, ajoute le procureur général. Les enquêtes ont également révélé, ajoute le procureur général, des écarts de prix injustifiés, variant entre 5,35 euros et 5,65 euros, atteignant 6 euros le kg. Le coût d’un mouton importé par voie aérienne s’est élevé à 900 euros par tête, sans oublier la falsification des PV des commissions d’ouverture des plis et d’évaluation, antidatés afin de donner une apparence de légalité des procédures. Outre les fournisseurs, les enquêtes ont concerné plusieurs cadres et employés de ALVIAR, notamment le directeur général de l’entreprise, le directeur des finances et de la comptabilité, le président de la commission d’ouverture des plis et d’évaluation et son adjoint, la secrétaire de la commission, la responsable de la facturation, ainsi que le chef de la cellule vétérinaire, le chef du service de la comptabilité et le directeur du service commercial. M. Ben Boudiaf a souligné que les enquêtes ont également porté sur le dossier de la fourniture des boucles d’identification électroniques (boucles auriculaires et leurs accessoires), dans lequel de graves soupçons de divulgation d’informations relatives aux marchés avant son lancement ont été relevés. Les enquêtes ont notamment visé le directeur de la société SPINTECH ainsi que le gérant d’une société privée. Par conséquent, des décisions d’interdiction de sortie du territoire national (ISTN) ont été émises à titre conservatoire à l’encontre de l’ensemble des mis en cause durant la phase d’instruction judiciaire. A l’issue de l’enquête préliminaire, 41 suspects ont été ensuite présentés devant le procureur de la République près le pôle pénal économique et financier. Par Rachid





























