Affaire Libye : Sarkozy et ses anciens ministres face à la justice

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Le 6 janvier, douze prévenus comparaîtront devant la justice dans l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Initialement, 13 personnes auraient dû être jugées, mais l’avocat malaisien Sivajothi Rajendram est décédé. Parmi les accusés figurent un ancien président de la République, des ex-ministres, des intermédiaires et un proche de Mouammar Kadhafi. Voici un point sur les principaux protagonistes et les accusations portées à leur rencontre.

Nicolas Sarkozy : Âgé de 69 ans, Nicolas Sarkozy nie fermement les accusations de corruption. Il est suspecté d’avoir conclu un « pacte de corruption » avec Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne présidentielle de 2007, en permettant à ses proches de solliciter des soutiens financiers auprès des autorités libyennes.

Claude Guéant : À 79 ans, l’ex-secrétaire général de l’Élysée est accusé d’avoir joué un rôle clé dans l’obtention de fonds libyens via les réseaux des intermédiaires Ziad Takieddine et Alexandre Djouhri. Une transaction de 500 000 euros en 2008, qu’il attribue à la vente de tableaux, est également au cœur des interrogations.

Brice Hortefeux : L’ex-ministre de l’Intérieur, âgé de 66 ans, est accusé d’avoir facilité le financement occulte en utilisant des comptes offshore et les réseaux de Ziad Takieddine pour organisateur des transferts de fonds.

Eric Woerth : l’Ex-ministre du Budget et trésorier de la campagne de 2007, Éric Woerth, 68 ans, justifie la circulation de grosses sommes en liquide par des dons anonymes envoyés par courrier, une explication mise en doute par l’accusation.

Thierry Gaubert : À 73 ans, l’ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir reçu 440 000 euros de Ziad Takieddine pour financer la campagne. Condamné en 2024 pour fraude fiscale, il devra s’expliquer sur ces retraits en liquide effectués en 2006 et 2007.

Ziad Takieddine : Intermédiaire franco-libanais de 74 ans, Ziad Takieddine affirme avoir remis 5 millions d’euros à Claude Guéant entre 2006 et 2007. Bien qu’en fuite au Liban, son rôle central dans cette affaire, reposant notamment sur ses liens avec Abdallah Senoussi, chef des renseignements libyens, reste déterminant.

Alexandre Djouhri : L’homme d’affaires franco-algérien de 65 ans est accusé d’avoir orchestré des transactions illicites avec l’aide de complices, notamment des Saoudiens et un banquier. Il aurait également perçu des commissions en marge de la vente d’avions Airbus à la Libye.

Béchir Saleh : le fugitif sous mandat d’arrêt .Ancien directeur de cabinet de Kadhafi, Béchir Saleh, 78 ans, est recherché par la France. Après avoir fui en Afrique du Sud et Dubaï, il aurait retenu clandestinement en Libye en 2021.

Ce procès met en lumière un système complexe mêlant politiques, hommes d’affaires et réseaux d’influence internationaux. Les accusations, bien qu’évolutives, reposent sur des soupçons de corruption, de financements illicites, et d’abus de pouvoir. Le verdict attendu s’annonce comme un moment clé pour la justice et la politique française.

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