Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a suscité une vive polémique en arrivant dimanche en Alaska, vêtu d’un t-shirt arborant l’inscription « URSS » en alphabet cyrillique.
Cette apparition, à la veille d’une rencontre cruciale entre Vladimir Poutine et Donald Trump, est perçue comme une provocation délibérée envers les Occidentaux, ravivant les tensions géopolitiques dans un contexte déjà chargé.
Selon des images diffusées par des journalistes présents à Anchorage, Lavrov est descendu de son véhicule devant un hôtel local, affichant fièrement la mention de l’ancienne Union soviétique, un symbole chargé d’histoire pour les États-Unis, ancien rival de la Guerre froide. Cette tenue, identifiée comme un produit de la marque russe Selsovet spécialisée dans la « nostalgie soviétique », intervient alors que l’Alaska, autrefois territoire russe vendu aux Américains en 1867, sert de cadre à des négociations sensibles sur la guerre en Ukraine. Cette mise en scène a immédiatement alimenté les spéculations sur une stratégie russe visant à défier l’Occident.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux, certains y voient une bravade – « Lavrov joue avec le feu en Alaska ! » – tandis que d’autres estiment que cela reflète une posture impérialiste – « Un rappel cynique de l’ère soviétique ». Des responsables occidentaux, sous couvert d’anonymat, ont dénoncé un geste « provocateur » destiné à tester la fermeté de Washington et de ses alliés. Cette visite s’inscrit dans un sommet Trump-Poutine axé sur un possible « échange de territoires » en Ukraine, une proposition qui divise déjà les opinions internationales.
Le choix de Lavrov s’appuie sur un contexte historique et stratégique. L’Alaska, avec ses bases militaires comme Elmendorf-Richardson, a joué un rôle clé durant la Guerre froide, surveillant les mouvements soviétiques. Son port d’un t-shirt « URSS » pourrait être interprété comme une allusion à cette rivalité passée, renforçant le narratif russe d’une résurgence de puissance. Des analystes soulignent que cette provocation vise aussi à galvaniser le soutien intérieur en Russie, où la nostalgie soviétique reste un levier politique pour Poutine.
Cependant, l’impact reste incertain. Si cette démarche amuse certains à Moscou, elle risque d’irriter davantage les partenaires de Trump, déjà sceptiques face à une détente avec la Russie. À Anchorage, la délégation russe, incluant des figures comme le ministre de la Défense Andréi Beloúso, maintient un silence prudent, laissant Lavrov porter seul ce message symbolique. Cette provocation vestimentaire pourrait bien compliquer les discussions à venir, dans une région où l’histoire et la géopolitique se télescopent.

































