Ce lundi « 12 janvier », l’Algérie se pare de couleurs, de saveurs et de traditions pour célébrer « Amenzu n Yennayer », le Nouvel An amazigh.
Bien plus qu’une simple date du calendrier, cette célébration est un pont entre l’histoire millénaire du peuple amazigh (Imazighen), son identité culturelle profonde et l’unité nationale.
Yennayer : une origine qui remonte aux temps anciens. Le mot « Yennayer » vient de deux termes qui signifient “premier mois” dans la langue amazighe. C’est le premier jour de l’année selon le calendrier agraire amazigh, un système de mesure du temps enraciné dans les cycles de la terre, de l’agriculture et des saisons. À l’origine, le début d’année coïncidait avec l’hiver, marquant la fin des récoltes et le début d’un nouveau cycle de labour et de semailles — un moment de gratitude envers la nature et d’espoir pour une année fertile.
Ce calendrier trouve ses fondements dans l’Afrique du Nord antique et a été structuré de façon moderne dans les années 1980 par des chercheurs, qui fixèrent l’an zéro autour de l’accession au trône du roi berbère « Shoshenq I » en Égypte vers « 950 avant notre ère » — une date symbolique qui donne aujourd’hui des années comme 2976 selon ce calendrier.
Pendant longtemps, Yennayer était célébré dans les campagnes, les villages et les familles comme un rituel culturel ancestral. On s’y réunissait autour de repas symboliques, on honorait l’abondance, on racontait des histoires, et l’on chantait — tous symboles d’un lien profond entre les Amazighs et leur terre.
L’État algérien a reconnu officiellement « Yennayer » comme fête nationale chômée et payée, une première dans l’espace maghrébin, dans le but de renforcer l’unité nationale et de valoriser l’identité culturelle commune.
Depuis cette date, les célébrations publiques se multiplient dans tout le pays : festivités, événements culturels et remises de prix pour la littérature et la langue amazighes, caravanes culturelles, ainsi que manifestations publiques qui rassemblent toutes les Algériennes et tous les Algériens autour de ce moment de partage.
Au cœur des célébrations, il y a le « repas traditionnel » : couscous riche en légumes, poulet, semoule, miel, dattes et autres mets symbolisant l’abondance et la prospérité. Ces mets ne sont pas seulement des plats, mais des messages d’espoir : pour l’agriculteur, pour la famille, pour la société.
Aujourd’hui, Yennayer dépasse le cadre strictement culturel pour devenir un « symbole rassembleur » de la diversité algérienne. Il incarne la reconnaissance officielle d’une composante essentielle de l’identité nationale, celle d’un peuple dont l’histoire est aussi riche que celle des grandes civilisations méditerranéennes.
La célébration d’Amenzu n Yennayer n’est donc pas seulement un passage d’année ; elle est un témoignage vivant de la mémoire collective, une fête qui relie le passé et le présent, et une occasion de renforcer les liens de fraternité entre toutes les composantes de la société algérienne.
Par Belkacem






























