L’Algérie intensifie sa croisade contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme en plaçant sous l’œil vigilant du ministère du Commerce intérieur plus de 137 000 associations, 173 000 entreprises et 15 000 fondations.
Cette démarche, conforme aux recommandations du Groupe d’action financière internationale (GAFI), cherche à fortifier la transparence financière et à sauvegarder une économie nationale exposée aux réseaux criminels. Le rapport du Centre national du registre du commerce (CNRC) met en garde : l’exploitation abusive des personnes morales – associations, sociétés, fondations – offre aux malfaiteurs un écran légal pour dissimuler des fonds illégaux. À l’aube de cette offensive, l’objectif transcende les statistiques : il s’agit de protéger la stabilité d’un pays confronté à des menaces mondiales.
Lancée en décembre 2024, cette évaluation, menée par une équipe multidisciplinaire regroupant les ministères de la Défense, de l’Intérieur, de la Justice, la Banque d’Algérie et la cellule de traitement des informations financières, s’articule autour de quatre piliers : repérer les menaces, diagnostiquer les failles réglementaires, évaluer les risques par entité, et proposer des solutions. Étayée sur les données de 2020 à 2024, elle dévoile un réseau complexe où des structures souvent opaques servent de couverture aux activités illicites. Trier ces entités entre risques moyens et faibles selon des critères objectifs marque un progrès vers la clarté, mais des lacunes persistantes, notamment face aux signaux suspects, exigent une vigilance redoublée.
Ce clivage illustre un équilibre délicat entre contrôle strict et liberté économique. Le CNRC, responsable du registre des bénéficiaires effectifs, joue un rôle central, mais son impact dépendra de la collaboration internationale et de la résolution des failles structurelles. Les recommandations : surveillance accrue pour les risques élevés, suivi allégé pour les faibles, dessinent un chemin, mais la bataille contre le blanchiment s’annonce comme un marathon où chaque avancée compte.
Cette lutte s’inscrit dans un mouvement global où la sécurité nationale repose sur la traque des flux financiers illicites. En Algérie, où l’économie dépend de secteurs stratégiques, cette initiative pourrait rehausser son prestige international, à condition de surmonter les entraves bureaucratiques. Cette surveillance massive envoie un message fort : l’Algérie refuse que son territoire serve de sanctuaire aux criminels. Le succès reposera sur une volonté politique inébranlable et une transparence irréprochable. Riad






























