Il y a des matchs qui se jouent sur le terrain… et d’autres qui se décident dans les coulisses. La finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc appartient désormais à la seconde catégorie. Et les dernières révélations pourraient bien transformer une simple polémique en véritable scandale continental.
Au coup de sifflet final, tout semblait pourtant clair : le Sénégal l’avait emporté grâce à un but de Pape Gueye. Une victoire acquise dans la douleur, mais légitime. Jusqu’à ce que la Confédération africaine de football (CAF) ne vienne bouleverser l’ordre des choses, en retirant purement et simplement le succès aux Lions de la Teranga pour l’attribuer au Maroc.
Une décision incomprise, contestée, et aujourd’hui fragilisée. Car le cœur de l’affaire réside désormais dans une contradiction majeure entre deux rapports officiels. D’un côté, celui de l’arbitre central, le Congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo, qui évoque un simple arrêt temporaire du jeu à la 97ᵉ minute, suivi d’une reprise après une douzaine de minutes. Autrement dit : un incident, certes, mais en aucun cas un abandon. De l’autre, le rapport du coordinateur général de la CAF, le Tunisien Khaled Lemkecher, qui affirme que les joueurs sénégalais auraient quitté le terrain pour rejoindre les vestiaires, justifiant ainsi une sanction lourde. Deux versions irréconciliables. Deux lectures opposées d’un même événement. Et au bout, une décision qui change le destin d’un trophée.
Dès lors, une question s’impose : pourquoi la CAF a-t-elle choisi de s’appuyer sur une version plutôt que sur celle de l’arbitre, pourtant autorité suprême sur le terrain ? Sur quels critères ? Et dans quel objectif ?
Ce flou alimente inévitablement les soupçons. Car lorsqu’une instance dirigeante tranche dans un contexte aussi controversé, sans dissiper les contradictions, elle fragilise sa propre crédibilité. Le football africain, déjà confronté à de nombreuses critiques en matière de gouvernance, n’avait sans doute pas besoin d’un tel épisode.
Plus qu’un simple litige sportif, cette affaire révèle un malaise plus profond : celui d’un système où les décisions majeures semblent parfois échapper à la transparence et à la cohérence.
La finale Sénégal–Maroc 2025 restera peut-être dans l’histoire. Mais pas pour des raisons sportives. Elle pourrait devenir le symbole d’une crise de confiance durable entre les acteurs du jeu et les institutions censées le protéger.
- Par Belkacem































