Fils de Kadhafi : “Dieu est grand, Sarkozy est en prison“

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Un message attribué à « Saïf al-Islam Kadhafi », fils du défunt dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a embrasé les réseaux sociaux jeudi dernier.

Par Belkacem

Dans cette publication au ton cinglant, largement relayée par les internautes libyens et arabes, Saïf al-Islam se féliciterait de l’incarcération de « Nicolas Sarkozy » à la prison de la Santé, en France.

Le message, empreint d’ironie et de revanche, évoque les souvenirs douloureux de la guerre de 2011 et la chute du régime libyen : « Par une telle nuit de 2011, j’étais allongé dans le désert de Zamzam, blessé, poursuivi par les avions de l’OTAN et ses agents au sol, tandis que Sarkozy dormait dans le palais de l’Élysée. Aujourd’hui, je dors dans ma belle chambre, et Sarkozy dans sa cellule solitaire. J’ai travaillé quatorze ans pour arriver à ce résultat. Louange à Dieu, il n’y a de dieu qu’Allah, et Dieu est le plus grand. »

Ces mots résonnent comme une revanche symbolique pour celui qui fut l’un des visages les plus médiatisés du régime Kadhafi. À travers ce message, Saïf al-Islam rappelle le renversement du destin : l’homme qui avait contribué à la destruction de la Libye par l’intervention militaire de l’OTAN — Nicolas Sarkozy — se retrouve aujourd’hui rattrapé par ses propres démons judiciaires.

Pour de nombreux observateurs, cette sortie illustre la persistance des plaies ouvertes de 2011, année où la France avait joué un rôle central dans la campagne militaire contre Tripoli, marquant la fin tragique du colonel Kadhafi et le chaos durable qui s’en est suivi.

L’ancien chef d’État français, longtemps présenté comme “hyper-président”, est désormais habitué aux prétoires. Poursuivi pour corruption active et trafic d’influence dans l’affaire dite “Bismuth”, renvoyé pour financement illégal de sa campagne de 2012 dans l’affaire « Bygmalion », Nicolas Sarkozy reste aussi cité dans d’autres dossiers sensibles : les sondages de l’Élysée, l’attentat de Karachi, ou encore le financement libyen  de sa campagne de 2007, où le nom de Saïf al-Islam revient régulièrement.

Pour certains, la phrase de Kadhafi fils traduit moins une jubilation personnelle qu’un règlement de comptes historique. Car derrière cette ironie se cache le sentiment d’un peuple — celui de Libye — qui n’a jamais oublié le rôle décisif de Paris dans la chute et la destruction de son État.

Aujourd’hui, la cellule parisienne de Sarkozy résonne comme un écho lointain aux cris du désert libyen. Et Saïf al-Islam, longtemps traqué et exilé, savoure peut-être moins la vengeance que la certitude que le temps, parfois, rend la justice que les armes avaient refusée.

 

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