Dans une démarche visant à redessiner la carte régionale de l’industrie pharmaceutique, l’Algérie a officiellement lancé un appel aux opérateurs indiens du secteur. Ce message fort a été porté par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, lors du premier Forum d’affaires algéro-indien, organisé et consacré aux produits pharmaceutiques. L’objectif est de bâtir un partenariat solide et durable entre les deux parties, fondé sur des investissements massifs et un transfert du savoir-faire.
Prononcée en son nom par son conseiller Younes Bouarara, l’allocution du ministre a tracé les contours d’une ambition claire : transformer le secteur en « une opportunité majeure pour un partenariat fondé sur le transfert de technologie et le développement local. « Le ministère a assuré que son département est pleinement disponible pour « accompagner et soutenir les entreprises indiennes souhaitant investir et développer des projets en Algérie ». Ce forum, présenté comme une « plateforme privilégiée », vise à identifier des projets concrets et à jeter les bases d’une collaboration pérenne. M. Kouidri a insisté sur la nouvelle orientation économique du pays, soulignant que « l’Algérie est aujourd’hui ouverte aux investissements créateurs de valeur et aspire à devenir un pôle régional de production et d’exportation de produits pharmaceutiques, en considérant l’Inde comme un partenaire stratégique. » Cette rencontre, la première du genre, n’est pas un hasard. Elle « témoigne de l’engagement commun des dirigeants des deux pays à renforcer et à consolider la coopération », a souligné le ministre. Elle met en relation deux acteurs de poids : d’un côté, l’Inde, souvent qualifiée de « pharmacie du monde », et de l’autre, l’Algérie, présentée comme le « leader de l’industrie pharmaceutique » dans sa région. Au cœur de cette volonté de coopération réside un objectif stratégique national : le développement de la production locale des matières premières et des principes actifs pharmaceutiques. Un domaine dans lequel l’expertise indienne est mondialement reconnue. « L’expertise indienne représente une réelle opportunité de bâtir des partenariats industriels structurés », a déclaré M. Kouidri, faisant du transfert de technologies le levier principal pour renforcer la souveraineté pharmaceutique algérienne, sécuriser ses chaînes d’approvisionnement et accroître la valeur ajoutée locale. L’ambition de l’Algérie a trouvé un écho particulièrement favorable auprès de la délégation indienne, menée par l’ambassadrice Swati Vijay Kulkarni. Celle-ci a affirmé sans ambiguïté que « l’Algérie est un partenaire clé de l’Inde et une véritable porte d’entrée vers l’Europe et l’Afrique ». L’intérêt des opérateurs indiens est tangible : près de 100 représentants de plus de 65 entreprises ont fait le déplacement, « fortement intéressés par la concrétisation de projets d’investissement ». « Pour l’Inde (…) l’Algérie demeure un partenaire précieux », a martelé la diplomate, soulignant la dynamique d’une relation bilatérale dont les échanges commerciaux ont atteint 1,7 milliard de dollars en 2025. Elle a également annoncé la préparation de deux projets concrets : un partenariat dans la recherche avec le Centre algérien de bioéquivalence, et un mémorandum d’entente sur les dispositifs médicaux. Cet engouement a été confirmé par le directeur général de Pharmexcil (Conseil de promotion des exportations pharmaceutiques de l’Inde), Raja Bhanu, qui a exprimé l’intérêt des entreprises indiennes pour des « formes de coopérations avancées », telles que la fabrication sous contrat, les coentreprises (joint-ventures) et, encore une fois, les transferts de technologie.






























