Iran : où sont les 400 kilos d’uranium enrichis ?

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Dans le théâtre géopolitique du Moyen-Orient, où les tensions entre les États-Unis et l’Iran atteignent des sommets inédits, un élément inattendu semble jouer les trouble-fêtes : 400 kilos d’uranium hautement enrichi, dont la localisation reste une énigme depuis les frappes américano-israéliennes de juin 2025. Ces attaques, qui ont sévèrement endommagé les sites nucléaires iraniens comme Natanz, Fordow et Ispahan, ont non seulement stoppé net l’enrichissement d’uranium, mais ont aussi semé le doute sur le sort de ce stock critique. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) elle-même n’a pas pu vérifier l’inventaire depuis, alimentant les spéculations sur une possible dissimulation ou un déplacement secret par Téhéran.

C’est ici que réside le nœud du problème pour les États-Unis. Selon des sources diplomatiques, Washington retarde toute nouvelle escalade militaire – que ce soit des frappes supplémentaires ou une invasion plus large – précisément parce que l’emplacement de ces 400 kg demeure inconnu. Les services de renseignement américains n’ont « aucune intelligence connue » indiquant un déplacement de l’uranium, comme l’a déclaré le chef de la Défense US peu après les attaques. La crainte est palpable : en cas d’agression imminente, l’Iran pourrait, dans la précipitation, franchir le seuil nucléaire en assemblant une bombe rudimentaire. Cette perspective hante les stratèges du Pentagone, qui se souviennent des avertissements d’Araghchi : « L’Iran se défendra contre toute agression, et les conséquences seront éternelles. »

Paradoxalement, cette incertitude a ouvert une fenêtre diplomatique. Des propositions circulent, comme un gel de l’enrichissement iranien en échange d’un pacte de non-agression avec les États-Unis, et même la remise des 400 kg à un pays tiers. Cette situation illustre l’absurdité d’une politique de confrontation pure. Les États-Unis, en bombardant les sites iraniens, ont peut-être créé le monstre qu’ils craignaient : un Iran acculé, prêt à tout pour survivre.   Par Charef Slamani

 

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