Après une période de gel et de tensions qui a profondément marqué les relations bilatérales depuis 2022, les échanges entre Alger et Madrid semblent amorcer une nouvelle phase de réchauffement diplomatique. Selon plusieurs sources de presse espagnoles, le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, est attendu ce jeudi à Alger pour une visite officielle de travail, la première depuis la normalisation progressive intervenue entre les deux pays.
Cette visite, si elle se confirme, intervient dans un contexte particulier où les deux capitales multiplient les signaux d’apaisement après plus de deux années de crispations liées notamment aux divergences sur le dossier du Sahara occidental et au repositionnement diplomatique espagnol en 2022. Depuis, un lent processus de rétablissement des canaux de dialogue s’est engagé, marqué par une reprise graduelle des échanges économiques et politiques. Selon la presse espagnole, ce déplacement de José Manuel Albares ne se limiterait pas à un simple échange protocolaire. Il s’inscrirait dans une démarche plus large visant à consolider la dynamique de rapprochement entre les deux pays et à préparer une éventuelle rencontre de haut niveau entre le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez. Dans les coulisses diplomatiques, cette séquence est perçue comme une étape clé vers la relance du dialogue stratégique entre Alger et Madrid, notamment sur les questions énergétiques, migratoires et sécuritaires, trois dossiers structurants de la relation bilatérale. La visite intervient alors que les relations algéro-espagnoles ont connu, ces derniers mois, une amélioration prudente après une crise diplomatique ayant entraîné la suspension de certains mécanismes de coopération. Depuis la reprise du dialogue, les deux parties affichent une volonté commune de stabiliser leurs relations, tout en maintenant leurs positions respectives sur les dossiers sensibles. Dans ce cadre, la venue du chef de la diplomatie espagnole à Alger est perçue comme un signal politique fort, traduisant la volonté des deux pays de tourner progressivement la page des tensions récentes et de rétablir une relation fondée sur le pragmatisme et les intérêts mutuels. Au-delà de l’aspect bilatéral, cette visite s’inscrit également dans un contexte régional marqué par de multiples recompositions diplomatiques en Méditerranée occidentale. Alger et Madrid, liés par des intérêts économiques et énergétiques importants, semblent aujourd’hui privilégier une approche de stabilisation et de dialogue continu. Si elle se confirme, la venue de José Manuel Albares pourrait ainsi constituer un jalon important dans la relance d’un partenariat stratégique encore en phase de reconstruction, après une période de forte turbulence. Par Amina L.






























