La France s’apprête à vivre une journée de tension extrême le 10 septembre 2025, avec un mouvement citoyen, « Bloquons tout », qui menace de paralyser le pays.
Né sur les réseaux sociaux, ce mouvement hétéroclite cristallise une colère profonde contre les mesures d’austérité du gouvernement Bayrou et pourrait plonger la France dans une crise politique et sociale sans précédent, dans un contexte d’incertitude gouvernementale et de défiance généralisée envers les élites.
La France vit une instabilité politique chronique. Le gouvernement de François Bayrou, déjà fragilisé par un Parlement sans majorité claire, risque de tomber lors d’un vote de confiance prévu le 8 septembre, deux jours seulement avant la mobilisation . Cette situation rappelle la chute de Michel Barnier en 2024 et illustre l’incapacité persistante des institutions à gérer les crises économiques et sociales. Si Bayrou est renversé, la France se retrouvera sans gouvernement, alimentant davantage la colère des manifestants.
Le mouvement « Bloquons tout » puise sa force dans un mécontentement populaire profond. Les mesures d’austérité, perçues comme injustes, touchent des symboles forts : la suppression de jours fériés est rejetée par 84 % des Français, tandis que les réductions budgétaires dans la santé (5 milliards d’euros) et le gel des pensions heurtent une population déjà fragilisée par l’inflation et la précarité. Comme lors des Gilets jaunes en 2018, la colère dépasse les clivages traditionnels et agrège des revendications diverses : justice fiscale, défense des services publics, et rejet d’une « élite déconnectée ». Un sondage de la Fondation Jean-Jaurès révèle que 69 % des sympathisants du mouvement ont voté pour la gauche radicale en 2022, mais le mouvement attire aussi des électeurs de droite et des « apolitiques».
« Bloquons tout » est né dans les espaces numériques — Telegram, TikTok, X — porté par des collectifs comme Les Essentiels France, aux affiliations floues (proches de l’extrême droite et des milieux conspirationnistes) . Le slogan « Boycott, désobéissance, solidarité » résume une stratégie d’action directe : blocage des routes, des gares et des supermarchés, boycott économique, et grève générale. L’organisation est décentralisée, sans leader identifié, ce qui rend le mouvement imprévisible et difficile à contrôler pour les autorités. Les appels à l’action sont relayés par des comptes bots, potentiellement liés à des entités étrangères, qui amplifient artificiellement la mobilisation.
Comme le résume un analyste : « La rue est devenue le dernier lieu de expression politique pour des citoyens qui ne se sentent plus représentés». Le 10 septembre pourrait marquer un tournant : soit un réveil démocratique, soit une descente accélérée dans le chaos. Riad






























