La paix selon Trump…

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Après l’enlèvement spectaculaire d’un chef d’État jusque dans sa chambre à coucher, puis l’annonce décomplexée de son intention de prendre le contrôle du Groenland par la force, Donald Trump franchit une nouvelle ligne rouge : celle de l’ordre international lui-même. Cette fois, la cible n’est autre que l’Organisation des Nations unies.

L’ONU dérange. Non pas parce qu’elle serait trop faible, mais parce qu’elle n’est pas totalement docile. Le droit de veto, partagé avec d’autres puissances, constitue pour Trump une anomalie insupportable. Dans sa vision du monde, il ne peut y avoir qu’un seul centre de décision, un seul chef d’orchestre, un seul maître à bord : les États-Unis, ou plus exactement lui-même.

C’est dans ce contexte qu’émerge l’idée d’un « Conseil de paix », une structure parallèle, façonnée sur mesure, avec des conditions d’adhésion aussi exorbitantes que révélatrices : un milliard de dollars par pays. Une cotisation qui ne relève ni de la solidarité ni du multilatéralisme, mais d’un droit d’entrée dans un club fermé, placé sous contrôle exclusif de Washington, qui décidera seul de l’utilisation des fonds, des priorités et des bénéficiaires.

Par crainte des représailles politiques, économiques ou sécuritaires, trente-six pays ont déjà annoncé leur adhésion. Le piège s’est refermé.

Le choix de l’appellation « Conseil de paix pour Gaza » n’est pas anodin. Il relève d’une manipulation sémantique assumée. Le mot « paix » agit comme un anesthésiant politique: il évoque la reconstruction, la sécurité, et neutralise toute résistance morale. Qui oserait s’opposer à la paix sans passer pour un fauteur de chaos ?

Psychologiquement, cette terminologie prépare l’opinion publique à accepter une structure de contrôle déguisée. Émotionnellement, elle atténue la perception de la menace, bien plus qu’un terme brutal comme « administration », « tutelle » ou « autorité ». Moralement, elle offre une couverture commode, détournant le débat des questions essentielles : légitimité, souveraineté, responsabilité internationale.

Car derrière les mots feutrés se cachent des réalités concrètes et lourdes de conséquences : le contrôle des passages frontaliers, la distribution de l’aide humanitaire, le paiement des salaires, la gestion de la sécurité quotidienne, et, en définitive, la confiscation de toute décision palestinienne.

Ainsi, pas à pas, Donald Trump sape les fondements de l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale. L’ONU, vidée de sa substance, est appelée à devenir une simple chambre d’enregistrement, soumise à la volonté d’un homme et à ses intérêts électoraux et géopolitiques.

Le monde se retrouve dangereusement concentré entre les mains d’un seul individu, convaincu que la force prime sur le droit, et que l’argent remplace la légitimité. Face à cette dérive autoritaire globale, une question demeure, lancinante et tragique : « Quel sera notre destin, à nous, peuples arabes, dans un monde où la “paix” se décide par décret et se vend au plus offrant ? »

Par  Belkacem

 

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