La trahison des proches : Maduro, l’héritier maudit de Noriega

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Dans les couloirs du pouvoir vénézuélien, l’air est chargé d’une tension palpable, un mélange de paranoïa et de suspicion qui rappelle les derniers jours de Manuel Noriega au Panama. Nicolas Maduro, le président contesté du Venezuela, semble revivre le cauchemar de son homologue panaméen : une trahison ourdie par son propre entourage, notamment militaire, sous la pression d’une superpuissance extérieure.

Rappelons-nous Manuel Noriega, cet ancien général panaméen qui, dans les années 1980, régnait en maître sur son pays grâce à un réseau militaire fidèle et des alliances opportunistes avec les États-Unis. Allié de la CIA dans la lutte contre le communisme, Noriega s’est vu trahi lorsque Washington a tourné casaque, l’accusant de narcotrafic et de corruption. En 1989, l’opération « Just Cause » – une invasion américaine – a scellé son sort. Mais ce qui a précipité sa chute, ce n’était pas seulement les troupes yankees : c’était la défection au sein de ses propres forces armées. Des officiers, sentant le vent tourner, ont abandonné leur leader, facilitant l’assaut étranger. Noriega, réfugié dans l’ambassade du Vatican, a fini par se rendre, humilié, pour être jugé et emprisonné aux États-Unis.

Maduro suit un scénario étrangement similaire. Successeur de Hugo Chávez, il a consolidé son pouvoir sur un appareil militaire qu’il croyait indéfectible, récompensant les généraux loyaux par des postes clés et des privilèges. Pourtant, depuis les élections contestées de 2024 et l’escalade des tensions avec les États-Unis sous la seconde administration Trump, les fissures apparaissent. En 2025, des rapports font état d’une paranoïa croissante : Maduro change de lit chaque nuit, multiplie les téléphones pour éviter les écoutes, et renforce sa garde personnelle avec des Cubains, craignant une trahison interne.

Les accusations de narcoterrorisme lancées par les États-Unis dès 2020 – et ravivées en 2025 – font écho à celles qui ont justifié l’opération contre le Panaméen. Le régime chaviste, autrefois uni contre « l’impérialisme yankee », montre des signes de fragmentation. Des rumeurs de « trahison millionnaire » – des pots-de-vin pour des défections – agitent les cercles du pouvoir.

Cette parallèle n’est pas fortuite. Les deux hommes ont misé sur une loyauté achetée, mais fragile face à la pression internationale. Noriega a été trahi par ses alliés américains et ses militaires ; Maduro, corneré par des sanctions et des menaces d’intervention, a subi malheureusement le même sort de son entourage.

En ce début 2026, Maduro est tombé. Pour le Venezuela, ravagé par la crise, cette trahison potentielle pourrait signifier la fin d’une ère, ou le début d’un chaos plus grand. L’Amérique latine retient son souffle : après tout, l’histoire se répète souvent sous les tropiques du pouvoir.  Charef Slamani

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