Il aura suffi d’un coup de tension dans le détroit d’Ormuz pour rappeler au Maroc une vérité qu’on préfère souvent oublier : en géopolitique, les alliances se paient… parfois en dollars, souvent en barils.
Pendant que les grandes puissances jouent à la guerre à coups de missiles et de communiqués martiaux, Rabat, elle, fait les comptes. Et ils sont salés. Très salés. Selon Saham Capital Bourse, chaque hausse de 10 dollars du baril coûte 15 milliards de dirhams au royaume. Une sorte de taxe invisible, prélevée directement par les tensions internationales.
Le baril à 100 dollars ? Une mauvaise nouvelle pour tout le monde. Mais pour un pays qui importe près de 90 % de son énergie, c’est une gifle économique. Une claque pétrolière qui ne prévient pas et qui ne pardonne pas.
Et pendant que le détroit d’Ormuz se transforme en robinet capricieux de l’économie mondiale, le Maroc découvre à quel point il dépend de ce qui se passe à des milliers de kilomètres. Là-bas, une crise. Ici, une facture. Là-bas, des navires bloqués. Ici, des finances publiques sous pression.
Mais le plus ironique dans cette histoire, c’est le décalage entre posture politique et réalité économique. À force de multiplier les alliances “stratégiques” et les positionnements diplomatiques calculés, le Maroc pensait peut-être s’acheter une forme de protection. Résultat : il hérite surtout de la facture.
Car dans ce grand théâtre géopolitique, certains font la guerre, d’autres vendent des armes… et d’autres encore paient l’addition. Le Maroc, lui, semble avoir décroché le rôle du client fidèle, celui qui règle sans discuter.
La flambée du gaz et du butane vient compléter le tableau. Jusqu’à 850 dollars la tonne. Autrement dit, même la cuisine quotidienne devient un produit indexé sur les tensions militaires. Le conflit s’invite jusque dans les foyers, transformant la géopolitique en inflation domestique.
Au fond, cette crise agit comme un révélateur cruel : la souveraineté énergétique du Maroc est un slogan plus qu’une réalité. Et tant que le pays restera branché sur des tuyaux qui passent par des zones de guerre, il restera vulnérable aux humeurs du monde. Dans ce monde instable, il ne suffit pas de choisir ses alliés. Encore faut-il pouvoir survivre à leurs conflits.
- Par Belkacem






























