Les États-Unis prêts à frapper l’Iran ?

0
61
Une fois de plus, le monde retient son souffle face au langage brutal de Washington. Les déclarations incendiaires de Donald Trump à l’égard de l’Iran, sur fond de manifestations internes et de répression, réveillent le spectre d’une confrontation militaire aux conséquences régionales et mondiales incalculables.

Derrière les mots se profile une vieille recette américaine : instrumentaliser les crises internes des États récalcitrants pour justifier l’ingérence, voire la guerre. « L’Iran a de gros problèmes », martèle le président américain, avant de menacer sans détour : « Vous feriez mieux de ne pas commencer à tirer, parce que nous tirerons aussi ». Une rhétorique martiale qui rappelle les heures sombres précédant les interventions en Irak, en Libye ou en Syrie, toujours annoncées au nom de la liberté, toujours conclues par le chaos.

Certes, l’Iran traverse une période de tensions internes réelles. Les manifestations, la coupure d’Internet et la répression posent de sérieuses questions sur la gouvernance et les libertés publiques. Mais depuis quand les États-Unis se posent-ils en arbitres sincères des droits de l’homme ? De Riyad au Caire, de Tel-Aviv à Manama, Washington ferme les yeux sur des répressions autrement plus systématiques lorsqu’elles servent ses intérêts stratégiques.

En affirmant que l’Iran « aspire à la liberté » et que les États-Unis sont « prêts à aider », Donald Trump ne parle pas le langage de la solidarité, mais celui de la pression maximale. L’« aide » américaine, les peuples du Moyen-Orient en connaissent le prix : États détruits, sociétés fragmentées, souverainetés piétinées. La liberté promise arrive souvent escortée de missiles, de sanctions et de blocus.

Face à ces menaces, la réponse de Téhéran est tout aussi lourde de dangers. En avertissant qu’il viserait des bases américaines et le transport maritime en cas de frappe, le pouvoir iranien rappelle que toute escalade entraînerait une déflagration régionale, mettant en péril la sécurité du Golfe, l’économie mondiale et la paix déjà fragile du Moyen-Orient.

Ce bras de fer révèle surtout l’impasse d’un ordre international dominé par la loi du plus fort. Au lieu d’encourager un dialogue multilatéral, les grandes puissances préfèrent les ultimatums et la démonstration de force. Les peuples, eux, paient toujours la facture : sanctions, guerre, pauvreté et exil.

La question n’est donc pas de savoir si les États-Unis sont prêts à frapper l’Iran, mais si le monde est prêt à accepter une nouvelle aventure militaire aux prétextes usés. L’histoire récente a pourtant tranché : la guerre ne libère pas les peuples, elle les brise.

          Par Belkacem

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici