Alors que le monde salue timidement un accord de cessez-le-feu entre Iran et les États-Unis, une réalité brutale s’impose : le Liban, lui, n’est pas concerné. Pire encore, il semble en payer le prix fort.
Les dernières frappes israéliennes sur le sud du pays et dans la banlieue sud de Beyrouth illustrent une évidence dérangeante : le Liban est devenu un théâtre secondaire d’un conflit qui le dépasse, mais qui le consume. Officiellement, le cessez-le-feu vise à contenir une escalade régionale. Dans les faits, il redessine une carte implicite des zones sacrifiables.
Car derrière les déclarations diplomatiques et les équilibres géopolitiques, une question s’impose : pourquoi le Liban est-il exclu ? La réponse tient en un mot : Hezbollah. La présence et l’implication de ce mouvement dans l’axe iranien font du territoire libanais une extension directe du bras de fer entre Téhéran et ses adversaires.
Mais réduire le Liban à ce seul acteur serait une grave erreur. C’est un pays déjà à genoux, miné par une crise économique sans précédent, une instabilité politique chronique et une société épuisée. Aujourd’hui, il subit des frappes qui aggravent un effondrement déjà avancé. Le cessez-le-feu, censé apaiser les tensions, agit ici comme un révélateur cruel : certaines nations ont droit au répit, d’autres non.
Le plus inquiétant reste le silence relatif de la communauté internationale. Comme si le Liban était devenu une variable d’ajustement, un territoire tampon où les lignes rouges sont plus floues, plus permissives.
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement les frontières libanaises. C’est la crédibilité même des accords de cessez-le-feu qui est en jeu. Peut-on parler de désescalade quand une partie de la région continue de brûler ? Peut-on invoquer la paix en laissant des zones entières hors du champ de protection ?
Le Liban, une fois de plus, se retrouve seul face à son destin. Mais l’histoire l’a montré : ignorer ses crises, c’est préparer les prochaines secousses régionales. Car dans cette guerre fragmentée, aucune frontière n’est véritablement étanche.
- Par Belkacem






























