Obama, enfin sincère sur la Palestine

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Il aura fallu du temps. Des années après avoir quitté la Maison Blanche, Barack Obama semble parler plus librement.

Dans ses mémoires, ses interventions publiques, et ses interviews récentes, l’ancien président américain livre une série de « confessions » sur la Palestine. Des paroles plus franches, parfois critiques, souvent lucides , mais qui arrivent bien tard.

Obama reconnaît aujourd’hui que la « colonisation israélienne » est un obstacle majeur à la paix. Il admet que « les humiliations quotidiennes subies par les Palestiniens sont inacceptables », et que le processus de paix s’est enlisé, victime de calculs politiques, d’aveuglements diplomatiques et d’un double standard persistant.

Des mots forts, mais des actes qui, à l’époque, n’ont pas suivi. Le président de « Yes We Can » avait promis une politique étrangère plus équilibrée, notamment au Moyen-Orient. Pourtant, sous son mandat, les colonies israéliennes ont continué de s’étendre, et Washington n’a jamais exercé une pression réelle sur Tel-Aviv  pour mettre fin à l’occupation. Son fameux discours du Caire, en 2009, reste l’un de ses moments les plus applaudis, mais l’un des moins suivis d’effets.

Ce retour critique sur son passé présidentiel, sonne aussi comme un aveu d’impuissance, voire de renoncement. L’homme d’État devenu auteur tente de rééquilibrer le récit, mais ce récit reste incomplet. Car si Obama pointe du doigt la colonisation israélienne, il évoque aussi, sans nuance, la division palestinienne, ou l’hypocrisie des régimes arabes, comme si tout le monde avait failli,  sauf ceux qui tenaient les leviers du pouvoir à Washington.

Ces « confessions » ont le goût amer de ce qui aurait pu être dit, et surtout, de ce qui aurait pu être fait. Mais elles témoignent aussi d’une vérité plus grande : même les présidents les plus charismatiques ne sont que des acteurs d’un système verrouillé, où le soutien inconditionnel à l’entité israélienne reste un dogme sacré  de la politique américaine.

Faut-il pour autant balayer d’un revers de main ces déclarations tardives ? Non. Car dans un monde où le silence sur la Palestine est souvent complice, « chaque mot compte », surtout lorsqu’il vient d’un ancien président de la première puissance mondiale. Mais ces mots, s’ils veulent avoir un sens, doivent servir à ouvrir les yeux , pas à soulager une conscience. Riad

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