La Karantika, flan doré à base de pois chiches, vient d’être couronnée meilleure street food au monde selon le guide gastronomique international Taste Atlas. Cette distinction met en lumière l’authenticité et la richesse de la cuisine algérienne, en particulier ce plat traditionnel, qui occupe une place prépondérante dans les rues algériennes. La karantika, simple et populaire, a su séduire les papilles des Algériens et est désormais reconnue au niveau mondial. Ce plat, également connu sous les noms de garantita, karantita ou calentica, est originaire d’Oran et est intimement lié à l’histoire de la région. Selon une légende locale, la recette aurait vu le jour en 1703, lors du siège du fort de Santa-Cruz par des soldats espagnols. Confrontés à des pénuries de nourriture, ces derniers auraient utilisé des pois chiches broyés, les mélangeant à de l’eau et du sel pour créer une pâte, qu’ils auraient cuite. Ce simple mélange aurait donné naissance à la « calentica », qui signifie « petite chaleur » en espagnol, en référence à la chaleur dégagée par la cuisson. Aujourd’hui, la karantika a évolué, mais ses bases restent inchangées. Elle est préparée principalement à partir de farine de pois chiches, d’eau, d’huile, de sel et de cumin, un ingrédient clé qui en relève les saveurs. À Oran, elle se consomme dans sa forme la plus simple, tandis qu’à Alger, des œufs sont souvent ajoutés pour lui donner une texture plus consistante. À Mostaganem, elle est généralement dégustée pendant le Ramadan en accompagnement de la chorba ou de la hrira, plats traditionnels de cette période. L’un des principaux atouts de la karantika réside dans son accessibilité. En effet, elle est vendue à un prix modique, souvent enveloppée dans un morceau de pain et servie chaude. Pour quelques dinars seulement — parfois moins de 50 DA — ce mets peut être dégusté sur tous les coins de rue d’Algérie, que ce soit dans les grandes avenues d’Alger, les quartiers populaires d’Oran ou même près des plages. C’est un plat apprécié par tous : des étudiants aux travailleurs, des enfants aux anciens, et il est souvent associé à des souvenirs d’enfance ou familiaux Elle est appréciée pour son goût réconfortant, une recette qui traverse les générations. Sa place au sommet du classement mondial de Taste Atlas ne fait que souligner l’importance de préserver, promouvoir et valoriser ces trésors gastronomiques, qui sont le reflet d’une culture riche et diverse. Cette reconnaissance mondiale ne se limite pas à un simple classement, mais est une victoire pour la gastronomie algérienne.






























