Sénatoriales 2025 : la menace de l’argent sale

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À quelques semaines des élections sénatoriales du 9 mars 2025, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a dévoilé un bilan contrasté. Sur 438 dossiers déposés, seulement 236 candidatures ont été validées, tandis que 94 ont été rejetées, dont 45 pour « liens avec l’argent sale et les affaires louches ». Ces chiffres, aussi froids que révélateurs, soulèvent une question cruciale : jusqu’où l’argent corrompu influence-t-il nos institutions ?

L’ANIE semble jouer son rôle de garde-fou : en écartant près d’un quart des candidatures, elle affiche une rigueur salutaire. Les motifs de rejet – absence de parrainage, irrégularités fiscales, soupçons de financement illicite – témoignent d’un effort de moralisation. Pourtant, ce zèle ne doit pas masquer l’essentiel : 45 dossiers entachés de corruption potentielle, c’est 45 fois trop. Comment des personnalités compromises peuvent-elles même envisager de siéger au Sénat, chambre de contrôle par excellence ?

Derrière ces statistiques se cache une réalité plus sombre : l’infiltration des mafias locales, des trafics et des détournements dans le jeu électoral. Ces candidats rejetés ne sont probablement que la partie émergée de l’iceberg. Combien d’autres ont réussi à blanchir leurs dossiers ? L’« argent sale » ne se limite pas à des valises de billets ; il finance des campagnes, achète des soutiens et corrompt les processus décisionnels. Les 4 dossiers rejetés pour « statut fiscal douteux » rappellent, par ailleurs, l’opacité persistante autour de la fortune des élus.

Ces élections doivent être un signal d’alarme. Il est essentiel de renforcer les contrôles financiers en imposant des audits obligatoires pour chaque candidature et en assurant une traçabilité stricte des fonds de campagne. Des sanctions pénales exemplaires doivent être mises en place, notamment l’exclusion définitive de la vie politique pour tout candidat condamné pour corruption. De plus, la publication en open data des patrimoines et des parrainages doit devenir une règle de transparence incontournable.

L’ANIE a franchi une étape, mais le chemin reste long. L’élimination de 45 dossiers entachés par l’argent sale démontre que de nombreux élus locaux – maires, présidents d’APW et autres responsables – sont impliqués dans une gestion désastreuse des assemblées. Un assainissement en profondeur s’impose pour restaurer la confiance et l’intégrité des institutions.   Riad

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