Chez Donald Trump, la guerre n’est décidément jamais une simple affaire de stratégie. C’est un commerce. Un vaste marché où les missiles remplacent les marchandises et où les alliances s’achètent à coups de milliards.
Dernier épisode en date : des contrats d’armement conclus à la hâte avec les monarchies du Golfe,-les Émirats arabes unis et le Koweït, pour un montant avoisinant les 18 milliards de dollars. Une opération express… et manifestement très rentable.
Le plus surprenant n’est pas tant le volume de ces ventes que la méthode employée. Le Congrès américain ? Contourné. Les débats ? Expédiés. L’urgence ? Savamment mise en scène. À croire que la diplomatie s’est transformée en opération commerciale, avec ses délais serrés et ses objectifs de chiffre d’affaires. Dans ce nouveau modèle, la guerre ne se prépare plus : elle se vend.
Et le catalogue est impressionnant. Missiles air-air de dernière génération, munitions pour F-16 Fighting Falcon, systèmes de défense anti-drones, radars longue portée connectés au Terminal High Altitude Area Defense… Le tout emballé dans un discours bien rodé sur la sécurité régionale. Mais derrière cette vitrine sécuritaire, difficile de ne pas voir une logique bien plus terre-à-terre : écouler des stocks et remplir les caisses.
Pendant ce temps, d’autres cargaisons prennent la direction de l’entité Israélienne. Des milliers de bombes, livrées en urgence, comme pour s’assurer que le feu ne manque jamais de combustible. Là encore, la logique est limpide : anticiper l’escalade, alimenter les arsenaux, et surtout ne pas rater une occasion de transformer la tension en profit.
Dans ce grand théâtre, le Moyen-Orient ressemble de moins en moins à une région à stabiliser et de plus en plus à un marché à exploiter. Chaque crise devient une opportunité commerciale. Chaque montée de tension, un argument de vente. Et pendant que les peuples vivent au rythme des sirènes et des frappes, certains, ailleurs, comptent les bénéfices.
Au fond, la question n’est plus de savoir si la guerre est inévitable, mais si elle n’est pas devenue, pour certains, un modèle économique à part entière. Une industrie florissante où la paix, elle, semble définitivement en rupture de stock.
Car derrière les discours sur la sécurité et la stabilité se cache une réalité plus crue : la guerre moderne ne se gagne pas seulement sur le terrain, mais aussi dans les bilans financiers. Et dans ce domaine, Washington ne semble pas prêt à déclarer un cessez-le-feu.
- Par Belkacem
































