20 ans de prison pour des cadres d’une société française qui espionnaient l’Algérie

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Le tribunal criminel de Dar El-Baida, à Alger, a prononcé de lourdes peines dans une affaire d’espionnage impliquant une filiale d’une société française opérant dans le domaine de la sécurité.

Les accusés sont poursuivis pour avoir porté atteinte à la sécurité de l’État et à l’économie nationale en transmettant des informations sensibles à des entités étrangères.

Dans son verdict rendu lundi, la juridiction a infligé la peine maximale de vingt ans de prison ferme aux principaux accusés, identifiés comme « Z. O » et « K. Z », responsables de la filiale algérienne de la société de sécurité française «Amaron International Algérie ». Une troisième prévenue, « S », poursuivie pour non-signalement des faits aux autorités compétentes, a été condamnée à un an de prison ferme.

Selon les éléments révélés lors du procès, l’un des accusés, ancien officié de sécurité à la retraite, avait pour mission officielle de conseiller et d’accompagner des ressortissants étrangers lors de leurs déplacements en Algérie. Cependant, les investigations ont démontré qu’il menait parallèlement des activités clandestines consistant à collecter des informations sécuritaires sensibles.

Les déclarations d’un des accusés portaient notamment sur les opérations policières menées par les différentes unités de la Sûreté nationale et de la Gendarmerie nationale, ainsi que sur les activités et les bilans hebdomadaires et mensuels de détachements de l’Armée nationale populaire. Les documents transmis comprenaient également des cartes de sécurité classifiant les zones du territoire national selon leur niveau de risque, y compris dans la région sahélienne.

Au-delà de l’aspect sécuritaire, l’enquête a mis en lumière une tentative présumée de nuire à l’économie nationale. Les accusés auraient collecté et transmis des informations concernant les forums économiques, les rencontres entre entreprises algériennes et partenaires étrangers, ainsi que des données liées aux investissements stratégiques.

Ces activités visaient à influencer la perception de l’environnement économique algérien et à fragiliser certains projets d’investissement.

Cette affaire illustre la vigilance accrue des autorités face aux menaces liées à l’espionnage économique et sécuritaire. Le verdict rendu par le tribunal marque la volonté de l’État de protéger ses intérêts stratégiques et de sanctionner toute tentative d’atteinte à sa souveraineté.

  • Par Belkacem

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