Le Pôle judiciaire économique et financier de Sidi M’hamed a rendu des peines sévères dans le cadre du dossier de corruption touchant le groupe public des industries métallurgiques et sidérurgiques, Imetal, allant jusqu’à 15 ans de prison ferme et la confiscation de tous les biens saisis.
Lors de l’audience, le président du Pôle a énoncé, un par un, les chefs d’accusation retenus contre chaque prévenu et les peines correspondantes. Le principal mis en cause, Lakhder A., directeur général du groupe Sider, a été condamné à 6 ans de prison ferme et à une amende d’un million de dinars. D’autres responsables ont également écopé de lourdes sanctions : A. Aarrab, directeur d’exploitation à l’Entreprise nationale de récupération, et F. Kamal, B. Hicham, A. Mohand Cherif, ont été condamnés à 3 ans de prison assortis d’amendes variant entre 200 000 et 500 000 dinars. Le tribunal a, par ailleurs, infligé 5 ans de prison ferme et 1 million de dinars d’amende à B. Chaïb, propriétaire de la société House, avec condamnation de l’entreprise à 2 millions de dinars. Des peines plus légères, sous forme de prison non ferme, ont été prononcées à l’encontre de B. Khaled (18 mois) et Y. Jamila (1 an), tandis que B. Sadek a été condamné à 1 an de prison ferme. Pour les prévenus en fuite, la justice n’a pas été clémente : Belarbi Anis, directeur général de l’Entreprise nationale de récupération, a été condamné à 15 ans de prison ferme, et Chagraoui Ahmed Amine à 6 ans, avec émission d’un mandat d’arrêt international à leur encontre. En revanche, certains cadres ont été acquittés, à l’instar de Fettas Mohamed, directeur financier et comptable du complexe d’El Hadjar et Chenouf Mohamed Sabri, responsable de l’exploitation à l’unité de laminage à chaud, reconnus non coupables de toutes les accusations. Sur le plan des entreprises, le tribunal a infligé des amendes variantes entre 2 et 5 millions de dinars et a ordonné le versement de compensations financières aux parties lésées, allant de 5 à 100 millions de dinars. Ces sanctions interviennent après que les prévenus aient été poursuivis pour octroi d’avantages injustifiés lors de contrats avec l’État, blanchiment d’argent et détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et détournement aggravé de fonds publics dans le cadre d’une organisation criminelle. L’affaire “Imetal” illustre une nouvelle fois la détermination des autorités judiciaires à lutter contre la corruption au sein des grandes institutions publiques, dans un contexte où la transparence financière et le respect de la législation sont plus que jamais au cœur des priorités.






























