Blanchiment d’argent : 10 ans de prison requis contre Reda Kouninef

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Le procureur de la République près le deuxième pôle du tribunal pénal économique et financier de Sidi M’hamed a requis, les peines les plus lourdes à l’encontre de l’homme d’affaires Reda Kouninef et de ses coaccusés dans l’affaire de blanchiment d’argent et de dissimulation de produits criminels.

Il a demandé une peine de dix ans de prison ferme assortie de la confiscation de tous les biens saisis, tandis que le Trésor public réclame 500 milliards de centimes de dommages et intérêts pour les pertes subies. Dans le détail, Le procureur de la République a requis 10 ans de réclusion et une amende de 8 millions de dinars algériens pour chacun des prévenus, Reda Kouninef et ses gendres « N. A. » et « N. M. », tout en confirmant l’ordre de mandat d’arrêt international à l’encontre de ce dernier et en demandant la confiscation de l’ensemble des biens saisis. Lors de sa plaidoirie succincte, le procureur a insisté sur les méthodes de manipulation des droits de concession, en particulier dans le domaine des investissements agricoles. Il a expliqué que les tribunaux traitent ce type de dossier selon le principe « celui qui vend le droit de concession doit assumer les conséquences », illustrant parfaitement les faits en question. Le procureur a ouvert son intervention en déclarant : « Monsieur le président, les prévenus qui se tiennent aujourd’hui devant vous ont été renvoyés devant la cour sur ordre du juge d’instruction du pôle économique et financier en date du 19 octobre 2025, pour des faits de blanchiment d’argent et de corruption au sein d’un groupe organisé, en utilisant les facilités accordées par l’activité professionnelle, conformément aux articles 389 bis et 389 bis 2 du Code pénal. Les éléments recueillis lors de l’enquête préliminaire et judiciaire sont clairs et précis. » Le magistrat a détaillé chaque fait en précisant que l’affaire concerne une investissement agricole situé dans la commune de Zeralda, dont le droit de concession appartenait à Abdallah Belhassen, de nationalité tunisienne, décédé depuis. Ce dernier avait investi en Algérie via une société mixte avec Reda Kouninef, dans diverses activités agricoles. Selon le procureur, la problématique des droits d’usage dans les investissements agricoles est récurrente : « Le propriétaire détient 1 % et la société 99 %, exactement comme dans l’affaire qui nous occupe. M. Abdallah Belhassen, une fois le contrat signé avec Reda Kouninef, a quitté l’Algérie pour ne jamais revenir. »  Le procureur de la République a également évoqué la gestion des biens pendant l’incarcération de Reda Kouninef : « Après l’entrée en prison de Reda Kouninef, sa femme et son frère ont pris en charge la gestion des biens et du personnel de l’exploitation agricole. Les fonds générés par les récoltes ont été transformés en produits criminels et blanchis », a-t-il expliqué. À l’issue de l’enquête, il ressort, selon le procureur, « des charges et indices suffisants démontrant que chacun des prévenus a commis les infractions de blanchiment d’argent et de produits criminels résultant de crimes de corruption au sein d’un groupe organisé, conformément aux articles 389 bis et 389 bis 2 du Code pénal. » De son côté, le Trésor public, constitué partie civile, réclame 500 milliards de centimes de compensation pour les pertes subies dans le cadre de cette affaire.

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