Ukraine : Zelensky cède des terrains à Poutine ?

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Près de trois ans après le début de la guerre en Ukraine, une récente déclaration du président Volodymyr Zelensky fait l’effet d’un coup de tonnerre. Lors d’une interview accordée à SkyNews, il a proposé une solution visant à mettre fin à « la phase chaude » du conflit : placer 80 % du territoire ukrainien, actuellement sous souveraineté de Kiev, sous l’égide de l’Otan. Si cette proposition n’implique pas l’abandon des territoires occupés par Moscou, elle marque une rupture avec la ligne dure adoptée par l’Ukraine depuis le début de la guerre. Alors, Zelensky cède-t-il des terrains à Poutine ou adopte-t-il une stratégie pragmatique pour maintenir son pays à flot dans un contexte international de plus en plus complexe ?

L’Ukraine avait jusqu’à présent exclu toute forme de concession territoriale en échange d’un cessez-le-feu. Cette position, régulièrement réaffirmée, semblait immuable. Pourtant, la proposition de Zelensky s’écarte de cette logique. Il suggère de geler temporairement la situation : les territoires occupés par la Russie resteraient en dehors du contrôle immédiat de Kiev, mais sans être officiellement cédés. Leur récupération serait envisagée ultérieurement, par des moyens diplomatiques. Ce changement de ton semble être un signal envoyé à la communauté internationale. L’Ukraine montre qu’elle est prête à explorer des options moins belliqueuses, mais cette posture soulève une question majeure : est-ce une décision libre ou dictée par des pressions externes ?

Le président ukrainien se trouve aujourd’hui dans une situation délicate. L’hypothèse d’un retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025 n’est pas étrangère à ce repositionnement. Trump, qui affirme pouvoir résoudre le conflit en « 24 heures » et entretient des liens amicaux avec Vladimir Poutine, pourrait significativement réduire le soutien américain à Kiev. L’annonce par l’équipe Trump de la nomination prochaine d’un émissaire spécial pour l’Ukraine en vue d’imposer des pourparlers de paix ajoute à la pression sur Zelensky. Une baisse de l’aide militaire occidentale obligerait l’Ukraine à envisager des négociations dans des conditions défavorables. La stratégie actuelle de Zelensky pourrait donc être une tentative d’anticiper ces évolutions, en cherchant à conserver un minimum de contrôle sur le processus.

Pour Moscou, une telle proposition serait probablement perçue comme une provocation. Accepter l’entrée de l’Ukraine, même partielle, dans l’Otan serait un revers stratégique majeur pour Poutine, qui a justifié son invasion en partie par la nécessité d’empêcher l’expansion de l’Alliance atlantique. À l’inverse, certains alliés occidentaux pourraient voir cette démarche comme une demi-mesure insuffisante, voire une forme de capitulation déguisée. Riad

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