Former l’Algérie de demain

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Avec plus de 1,08 million d’employés et près de 12 millions d’élèves, le secteur de l’Éducation nationale constitue aujourd’hui l’un des piliers fondamentaux de l’État algérien.

Les chiffres dévoilés par le ministre Mohamed Seghir Saadaoui traduisent une réalité incontestable : l’école algérienne est une véritable institution stratégique, à la fois moteur de développement et miroir des transformations sociales du pays.

Consacrer 10,5 % du budget national à l’éducation n’est pas un choix anodin. Il s’agit d’un investissement dans l’avenir, dans la formation des générations qui porteront l’Algérie de demain. Derrière ces statistiques impressionnantes, se dessine une volonté politique claire : garantir l’égalité des chances et améliorer la qualité de l’enseignement. Mais ces ambitions, aussi louables soient-elles, se heurtent à une équation complexe, celle de la croissance démographique scolaire et des exigences pédagogiques modernes.

Chaque année, l’arrivée d’environ 500 000 nouveaux élèves illustre la vitalité démographique du pays, mais elle impose également une pression constante sur les infrastructures et les ressources humaines. Construire des écoles, recruter des enseignants, moderniser les méthodes pédagogiques : autant de défis qui nécessitent une planification rigoureuse et une vision à long terme.

La forte féminisation du corps enseignant, avec 73 % de femmes, constitue par ailleurs un indicateur social remarquable. Elle reflète la place centrale qu’occupent les femmes dans la transmission du savoir et dans la construction de la société algérienne. Toutefois, cette réalité soulève également la question des conditions de travail, de la valorisation du métier d’enseignant et de l’accompagnement professionnel nécessaire pour préserver la qualité du système éducatif.

Sur un autre plan, les progrès réalisés dans la lutte contre l’analphabétisme représentent une véritable réussite nationale. Passer de 22,3 % en 2008 à 4,7 % aujourd’hui témoigne d’un effort soutenu et d’une politique publique efficace, saluée au niveau international par l’UNESCO. Cette avancée confirme que l’éducation demeure un levier essentiel pour l’émancipation sociale et économique.

L’intégration scolaire des élèves handicapés et la scolarisation d’enfants hospitalisés illustrent également une évolution vers une école plus inclusive et plus humaine. Ces initiatives traduisent une volonté de ne laisser aucun enfant en marge du système éducatif, principe fondamental d’une société moderne et solidaire.

Cependant, la question essentielle reste celle de la qualité de l’enseignement. Car si la massification scolaire est une réussite indéniable, elle doit impérativement s’accompagner d’une modernisation des programmes, d’une formation continue des enseignants et d’une adaptation aux mutations technologiques et scientifiques. L’école algérienne ne doit pas seulement accueillir davantage d’élèves, elle doit surtout former des citoyens capables de relever les défis du monde contemporain.

Aujourd’hui, l’éducation nationale apparaît comme un géant institutionnel. Mais la véritable réussite ne se mesurera pas uniquement au nombre d’élèves ou d’établissements, elle dépendra de la capacité du système éducatif à produire savoir, innovation et esprit critique. C’est à ce prix que l’école algérienne pourra pleinement jouer son rôle de socle du développement national.

  • Par Belkacem

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