Mohammad al-Bachir a annoncé, ce mardi 10 décembre dans une déclaration télévisée, avoir été nommé Premier ministre d’un gouvernement de transition en Syrie, et ce, jusqu’au 1er mars 2025. Il était jusqu’ici président du «gouvernement de salut syrien », l’exécutif proclamé à Idleb par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS).
Un peu plus tôt, le Qatar avait annoncé être en contact avec HTS. « Les Qatariens ont établi le premier canal de communication avec HTS. Les contacts entre le HTS et les diplomates qatariens devraient se poursuivre dans les prochaines 24 heures avec Mohammad al-Bachir, pressenti pour diriger le gouvernement de transition. Le Qatar avait accueilli samedi des réunions entre des responsables russe, iranien, turc et arabes sur la Syrie, avant la chute de M. Assad dimanche. Lors cette réunion, « toutes les parties sont parvenues à un consensus […] que la priorité était de maîtriser la situation en Syrie et de veiller à ce que les groupes extrémistes tels que l’État islamique ne puissent pas s’implanter » dans le pays, selon le responsable proche des discussions.
L’envoyé spécial de l’ONU ,Geir Pedersen a aussi affirmé que Abou Mohammed al-Joulani, à la tête de HTS, avait mentionné lui-même dans une interview à CNN qu’« ils discutent de la possibilité de démanteler HTS ». Un regard optimiste mais prudent donc sur l’évolution de l’ancienne branche d’al-Qaïda. Mais le vrai test reste à venir : « Si la transition est vraiment inclusive et intègre toutes les communautés, alors il y a une vraie possibilité de voir une nouvelle Syrie. L’autre risque est que les groupes armés se déchirent pour prendre le pouvoir. Le conflit n’est d’ailleurs pas terminé, rappelle le diplomate. Il a aussi demandé l’arrêt des frappes israéliennes sur des dépôts militaires en Syrie. « La Syrie est aujourd’hui à la croisée des chemins, avec de grandes opportunités, mais aussi de graves risques », a affirmé Geir Pedersen.






























