L’Algérie s’apprête à franchir un nouveau cap dans la régulation de son économie. L’annonce de la mise en place d’une « liste noire » des personnes et entités interdites d’exercer une activité commerciale marque un tournant décisif : celui d’un durcissement assumé face aux dérives qui gangrènent la transparence du marché.
Fraude fiscale, blanchiment d’argent, financement du terrorisme, voire implication dans la prolifération des armes de destruction massive… la liste des infractions concernées est lourde, grave, et à la mesure des enjeux. L’objectif est clair : assainir le tissu économique national et restaurer la confiance dans les transactions commerciales. En d’autres termes, exclure définitivement ceux qui ont fait du commerce un terrain d’opacité et de criminalité.
Cette démarche ne surgit pas dans le vide. Elle s’inscrit dans une dynamique globale de mise à niveau du système financier algérien, en conformité avec les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI). Derrière cette réforme, il y a une volonté affichée : sortir définitivement des zones grises qui exposent l’économie nationale aux soupçons et aux sanctions internationales.
Car cette « liste noire », telle qu’envisagée, ne se limite pas à une simple sanction temporaire. Elle pourrait signifier une mort économique définitive pour les personnes concernées. Le projet de loi va plus loin encore, en imposant aux commerçants une rigueur administrative accrue, notamment l’obligation de mise à jour du registre du commerce dans un délai d’un mois. Une exigence qui, en soi, va dans le sens de la transparence.
En élargissant le champ des infractions entraînant l’interdiction d’exercer, le texte confirme une orientation : celle d’un État qui entend reprendre le contrôle d’un secteur longtemps marqué par l’informel et les pratiques opaques. Une orientation salutaire, sans doute, mais qui exige un équilibre subtil entre fermeté et justice.
Car moraliser l’économie ne doit pas signifier fermer définitivement la porte à toute seconde chance. La crédibilité de cette réforme reposera sur sa capacité à distinguer clairement entre les réseaux criminels structurés et les acteurs économiques pouvant se réinsérer dans un cadre légal.
- Par Belkacem






























