Situé en plein cœur de Mostaganem, l’arrêt de bus du pont du 17-Octobre est devenu, au fil des années, un véritable point noir urbain. En 2026, la situation a atteint un niveau critique, suscitant l’exaspération des usagers.
Ce qui devait être un espace dédié au transport public s’est progressivement transformé en marché informel à ciel ouvert. Quais, abribus et trottoirs sont occupés du matin au soir par des vendeurs à la sauvette proposant fruits, vêtements, accessoires de téléphonie et divers produits.
Conséquence directe : les voyageurs sont contraints d’attendre leurs bus sur la chaussée, au milieu de la circulation, s’exposant à des risques élevés d’accidents, notamment aux heures de pointe et pour les élèves.
Sur le terrain, le constat est sans appel. Les bus, incapables d’accoster correctement, s’arrêtent en double file, provoquant des embouteillages monstres sous le pont. L’espace est saturé, désorganisé, et totalement inadapté à sa fonction initiale.
À cette anarchie s’ajoute une insalubrité croissante : cartons, cagettes abandonnées, déchets divers et eaux usées issues des étals de jus envahissent les lieux, défigurant complètement cet axe stratégique de la ville. Les tensions sont également palpables. Altercations fréquentes entre commerçants, insultes et comportements agressifs rythment le quotidien, au grand désarroi des usagers.
Le pont du 17-Octobre constitue pourtant un nœud névralgique de la circulation à Mostaganem. Toutes les lignes ou presque y transitent, desservant des localités telles que Hassi Mamèche, Mazagran ou encore Stidia, ainsi que plusieurs quartiers de la ville. Ce flux constant de voyageurs représente une opportunité commerciale importante pour les vendeurs informels, qui y trouvent une clientèle abondante et captive.
Malgré les arrêtés interdisant l’occupation illégale de l’espace public, les agents de l’APC peinent à faire respecter la réglementation. Les vendeurs, conscients des limites du dispositif, reviennent systématiquement après chaque opération de contrôle. Entre procédures administratives longues, vide juridique et une certaine tolérance sociale – souvent justifiée par le besoin de subsistance – la lutte contre ce phénomène s’avère complexe. Pourtant, des opérations « coup de poing » ont été menées en 2024 et 2025, avec saisies de marchandises et procès-verbaux. En 2026, la commune a réaffirmé sa volonté de « libérer les espaces publics », en plaçant le pont du 17-Octobre parmi les priorités, au même titre que la gare routière.
Dès lors, une question centrale se pose : comment restituer à cet espace sa fonction première sans ignorer la réalité sociale des citoyens vivant de l’informel ? Entre enjeux sociaux, économiques et politiques, la réponse tarde à émerger. Et pendant ce temps, les usagers continuent de payer le prix d’un désordre qui perdure.
- Par Belkacem






























