Le tiktokeur syrien Yaman Najar a enflammé les réseaux sociaux en publiant une photo et une vidéo où il s’assoit, non sans sarcasme, sur le fauteuil présidentiel dans la salle de réception officielle du palais présidentiel de Damas. Ce geste, jugé par certains comme une atteinte au symbolisme de ce lieu emblématique, a été vu par d’autres comme une critique directe de la présidence et de ce qu’elle représente.
Najar, habitué des contenus satiriques, s’est mis en scène de manière théâtrale, évoquant des réactions contrastées. Alors que certains internautes l’ont accusé de mépris pour un lieu associé à l’autorité et à la souveraineté syriennes, d’autres ont interprété son geste comme un pied de nez à l’ancien régime d’Assad, insistant sur le fait que la présidence appartient au peuple et non à une élite.
Cette polémique survient dans un contexte où la nouvelle administration syrienne, dirigée par Ahmad al-Sharaa, ancien commandant des opérations militaires, semble redéfinir son image publique. Connu sous son ancien pseudonyme d’Abu Mohammed al-Joulani, Sharaa a entrepris ces dernières années de distancer son mouvement, Hayat Tahrir al-Sham, de ses racines djihadistes pour se présenter comme un acteur politique respectueux de la diversité syrienne.
Pour certains observateurs, cette séquence orchestrée par Najar pourrait s’inscrire dans une tentative plus large de séduction des jeunes générations via les influenceurs. Cependant, les critiques ne manquent pas, accusant ce rapprochement entre figures de réseaux sociaux et autorités de manipuler l’opinion publique tout en effaçant des pages sombres de l’histoire récente.
Cette affaire illustre une tendance croissante en Syrie et ailleurs : l’usage des réseaux sociaux comme outil de communication politique. Que ce soit pour défier l’ordre établi, comme le prétendent certains internautes, ou pour servir un agenda de relations publiques, cette incursion numérique brouille les frontières entre la satire, l’activisme et la propagande. Dans un pays marqué par des années de conflit, chaque geste public prend une résonance particulière, révélant les fractures persistantes et les efforts pour redéfinir l’identité nationale.
Najar, clown provocateur pour les uns, messager audacieux pour les autres, laisse une question en suspens : s’agit-il d’une simple provocation individuelle ou d’un chapitre d’une stratégie politique finement calculée ?






























