Le nouveau corridor stratégique Alger-New Delhi

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 Alors que les BRICS redessinent les équilibres de pouvoir en Afrique, l’Algérie et l’Inde tissent une alliance militaire et technologique inédite. Entre chantiers navals, transferts de savoir-faire et visions partagées d’autonomie stratégique, ce partenariat illustre la montée en puissance des Suds face à l’hégémonie occidentale. Une collaboration qui pourrait bien devenir un modèle pour le continent.

La Chine construit des ports, la Russie vend des armes, l’Inde forme des élites militaires : les économies émergentes des BRICS déploient une stratégie multiforme pour s’implanter en Afrique. Leur objectif ? Contrebalancer l’influence historique de l’Europe et des États-Unis, tout en sécurisant l’accès aux ressources et aux corridors stratégiques. Dans ce contexte, l’Algérie, porte d’entrée du Maghreb et 2ᵉ puissance militaire africaine, devient un pivot convoité.

Le récent mémorandum de coopération militaire entre Alger et New Delhi marque un tournant. Au cœur de ce rapprochement : le chantier naval indien  ‘’ Goa Shipyard Limited ‘’ (GSL), spécialisé dans les frégates stealth et les patrouilleurs hauturiers. L’Algérie, qui modernise sa flotte pour contrôler ses 1 622 km de côtes et lutter contre le trafic en Méditerranée, y voit une alternative aux fournisseurs traditionnels (Allemagne, Italie).

En échange, l’Inde gagne un débouché pour son industrie de défense, dont les exportations ont bondi de 54 % en 2023  (Défense Ministry indien). « Notre partenariat avec l’Algérie n’est pas transactionnel, il est structurel », insiste le général indien Rajesh Singh, citant la formation de 120 officiers algériens dans les académies militaires de Pune et Hyderabad.

Cette alliance puise ses racines dans l’histoire. Membres fondateurs du mouvement des non-alignés dans les années 1960, l’Algérie et l’Inde partagent une méfiance envers les blocs militaires occidentaux.  Dans le domaine de la  surveillance côtière, les systèmes indiens ‘’ Varunastra ‘’ (torpilles intelligentes) complètent les radars algériens.  Pour le Renseignement maritime,  les deux pays mutualisent leurs données satellitaires pour traquer les trafics en Méditerranée et dans l’océan Indien.

Le rapprochement algéro-indien incarne une tendance lourde : la fin du monopole occidental sur la sécurité africaine. En diversifiant ses partenariats (Russie, Chine, Inde, Italie), l’Algérie construit une posture de « non-alignement actif », capable de négocier en position de force.  Riad 

 

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