Le choix d’accueillir sur le territoire marocain la ministre israélienne Miri Regev, connue pour ses positions ultranationalistes et son soutien inconditionnel à la colonisation israélienne en Palestine, attise la colère d’une partie du peuple marocain et soulève une question cruciale : comment concilier l’hospitalité liée à un événement international avec le respect des principes défendus par des millions de Marocains, profondément engagés en faveur de la cause palestinienne ?
La décision du tribunal administratif de Rabat de rejeter la demande d’interdiction d’entrée de la ministre israélienne Miri Regev sur le territoire marocain soulève des interrogations profondes sur l’équilibre entre réalpolitik et éthique. Alors que le Maroc accueille, du 18 au 20 février 2025, la Quatrième Conférence ministérielle mondiale sur la sécurité routière à Marrakech, la présence controversée de cette figure politique israélienne incarne les contradictions d’une normalisation maroco-israélienne toujours contestée.
La mobilisation d’avocats et d’associations pour annuler cette visite, tout en portant plainte contre la ministre israélienne pour crimes contre l’humanité, rappelle que la normalisation ne s’est jamais imposée dans les cœurs. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon un récent sondage, près de 70 % des Marocains désapprouvent la normalisation avec Israël.
En rejetant le recours en référé visant à bloquer l’arrivée de Miri Regev, la justice marocaine a invoqué des motifs procéduraux, évitant soigneusement de se prononcer sur le fond : les accusations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité pesant contre la ministre. Pourtant, cette prudence juridique ne suffit pas à apaiser les tensions. Le dépôt d’une plainte parallèle auprès du procureur général de Rabat, réclamant son arrestation, révèle une fracture entre une partie de la société civile et les orientations diplomatiques de l’État.
Le discours officiel met en avant les bénéfices pragmatiques de la coopération bilatérale. Mais à quel prix ? En invitant une représentante d’un État accusé d’apartheid par des ONG internationales, le Maroc risque de légitimer, malgré lui, une politique d’occupation condamnée par le droit international.
L’issue de la plainte déposée contre Miri Regev pour crimes de guerre sera déterminante. Si la justice marocaine décidait de l’ignorer, elle enverrait un signal dangereux : celui de l’impunité accordée aux responsables étrangers au mépris des principes universels.
Les prochains jours, marqués par les débats judiciaires et les réactions populaires, pourraient sceller l’image internationale du royaume : sera-t-il perçu comme un pont entre les peuples ou comme un complice silencieux de l’oppression ? La réponse appartient autant aux tribunaux qu’à la rue. Riad






























