Le dossier dit de « l’empire des panneaux », une affaire emblématique de corruption impliquant des milliards de dinars et des contrats publics opaques, vient de connaître un rebondissement majeur. Deux ex-hauts responsables du régime de Bouteflika, l’ancien ministre de l’Intérieur Salaheddine Dahmoun et Mokhtar Reguieg, ex-directeur des distinctions honorifiques présidentielles, ont été placés en détention provisoire. Cette décision judiciaire intervient dans le sillage des investigations liées à Karim Benmansour, neveu de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, considéré comme le cerveau présumé d’un vaste réseau de captation de fonds public.
Le tribunal pénal économique et financier de Sidi M’hamed a élargi l’enquête à 34 accusés, dont Benmansour, surnommé « Monsieur Panneaux ». Ce dernier, en fuite depuis la chute de son oncle en 2019, est visé par des mandats d’arrêt internationaux. Propriétaire de la société Innomédia – rebaptisée « Énigme » dans certaines transactions –, il est accusé d’avoir monopolisé pendant des années le marché de l’affichage publicitaire à Alger et dans plusieurs wilayas, malgré des dettes colossales envers les collectivités locales.
Les charges retenues contre lui : Abus d’autorité et incitation de fonctionnaires à des avantages indus. Blanchiment d’argent via des sociétés écrans (Innomédia, Enventsee, Novasup. Évasion fiscale et contrats illégaux de gré à gré, générant des profits estimés à plusieurs milliards de dollars.
Outre Benmansour, le juge d’instruction a inculpé plusieurs figures clés : Salaheddine Dahmoun (ex-ministre de l’Intérieur) : abus de fonction et violation des lois réglementaire Mokhtar Reguieg (ex-directeur des honneurs présidentiels) pour trafic d’influence et abus de confiance et blanchiment. Des anciens dirigeants de la Banque algérienne de l’étranger (BEA) et de la société de gestion aéroportuaire, accusés de complicité dans le détournement de fonds.
La justice a procédé à la saisie de biens immobiliers, comptes bancaires et autres avoirs détenus par les principaux accusés, marquant un coup d’arrêt à l’impunité des élites de l’ancien régime.
Selon les éléments du dossier, Benmansour aurait bénéficié d’une protection systémique lui permettant de contrôler des axes publicitaires stratégiques, y compris sur des routes nationales, sans respecter ses obligations fiscales. Malgré des arriérés de redevances non versées aux communes, ses sociétés conservaient une exclusivité opaque, alimentant des soupçons de complicité au sein des municipalités. Des élus locaux et d’anciens maires d’arrondissements d’Alger sont également dans le collimateur des enquêteurs. Ce scandale, l’un des plus retentissants, illustre les mécanismes de captation des ressources publiques sous l’ancien régime. Riad






























