Souveraineté numérique : un enjeu clé pour l’Algérie

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La course à la souveraineté numérique n’est plus une option, mais une urgence. Dans un monde où l’information est à la fois arme et monnaie d’échange, l’Algérie, sous l’impulsion du ministre de la Communication Mohamed Meziane, semble enfin prendre la mesure des enjeux. Sa feuille de route pour la transformation numérique des médias, dévoilée dans les colonnes « d’Horizons », dessine les contours d’une ambition : faire des médias un pilote du développement national. Mais le chemin reste semé de défis.

La refonte des infrastructures médiatiques, évoquée par Meziane, est une nécessité vitale. Les « portails officiels » annoncés ne doivent pas devenir de simples vitrines bureaucratiques, mais des outils au service des citoyens. Rappelons-le : la crédibilité d’un État se mesure aussi à la fluidité de ses démarches en ligne.

La stratégie de diffusion par satellite est un signal fort. À l’heure où le Maghreb et l’Afrique sont des terrains de bataille médiatique entre puissances régionales et internationales, l’Algérie engage une course contre la montre. L’idée d’exporter son récit est louable, mais il faudra plus qu’une présence symbolique pour peser face à des géants comme « Al Jazeera » ou « BBC News ». Pour rivaliser, un contenu innovant, pluriel et libéré des carcans de la langue de bois s’impose. Le ciblage des diasporas via les réseaux sociaux est intelligent, mais ces audiences exigent une parole authentique, loin des schémas traditionnels.

Les chiffres avancés – 3,5 millions de photos sauvegardées, des milliers d’heures d’archives restaurées – impressionnent. Soutenir les médias émergents est crucial, à condition d’éviter de reproduire les erreurs du passé. Quant à la lutte contre les « fake news », elle ne peut reposer uniquement sur des plateformes « certifiées ». Dans un pays où 70 % de la population est connectée, l’éducation aux médias et l’indépendance rédactionnelle restent les meilleurs remparts.

L’Algérie a les moyens de sa révolution numérique : des compétences techniques, une jeunesse avide d’innovation, un patrimoine riche. La vraie souveraineté ne sera pas celle des satellites ou des « data centers », mais celle d’un écosystème où médias publics et privés, traditionnels et digitaux, pourront coexister. Le gouvernement a le mérite de poser les bases. Il revient désormais aux acteurs médiatiques de prouver que le numérique n’est pas un alibi, mais le souffle d’une nouvelle ère.    Riad

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