Trump, un Néron économique

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Annoncées avec la théâtralité qu’il met un point d’honneur à mettre en œuvre pour faire de ses décisions des événements, les nouvelles taxes douanières du président Donald Trump ont provoqué un séisme dans l’univers économique mondial. La mise en scène se veut aussi une démonstration de force. Dans une posture de dominant. Son annonce a toutefois provoqué une riposte à la mesure de la menace que représentent ses tarifs douaniers sur les économies des pays ciblés. Et aucun soutien cette fois-ci, contrairement à ses décisions politiques aux relents souverainistes qui ont eu un écho favorable de plusieurs capitales hostiles à la marche forcée vers la globalisation imposée par les mondialistes abolisseurs des frontières. Bien entendu, le tableau comparatif des tarifs exhibé par le président américain justifie amplement sa décision dans la mesure où les nouvelles taxes douanières décidées par son administration sont une riposte, d’ailleurs inférieure, aux tarifs excessifs imposés par ses partenaires aux produits importés des Etats-Unis. Elles sont d’ailleurs, peut-on constater, de moitié du plafond imposé par leurs partenaires. Le détail du tableau fait ainsi impression. Toutefois, le jeu est biaisé d’emblée dans la mesure où l’objectif de Donald Trump n’est pas de rétablir l’équilibre dans la balance commerciale de son pays avec ses partenaires, mais de pousser les entreprises et groupes étrangers à s’installer aux States et y investir. Le président Trump a réussi, cette fois, à fédérer contre lui même les antagonistes, adversaires et idéologiquement inconciliables. Il était impossible, voire inimaginable, de voir le Japon, la Chine et la Corée du Sud se serrer les coudes face au rouleau compresseur américain. Le bruit des boucliers se fait entendre du Canada à l’Islande, de Séoul à Paris pour dompter le monstre tant craint pour les effets dévastateurs de ses desseins. La Maison Blanche semble cependant insensible à ces sons et bruits. Pour preuve, Donald Trump ne donne pas l’impression de reculer sur sa décision, même s’il a rétropédalé face à la première réaction du Canada et de la Chine de prendre des mesures similaires face aux produits américains, à son annonce d’imposer de nouvelles taxes douanières à ces deux pays. Le président américain a ajourné la mise en œuvre de ces taxes. En sera-t-il de même cette fois ? Rien n’est moins sûr de la part d’un Donald Trump imprévisible et surprenant. L’opposition à sa décision ne se recrute pas seulement dans les pays partenaires, une alerte a été donnée par la Banque centrale américaine, la Fed, dont le président a contredit hier le président Trump en estimant que «les droits de douane mis en place mercredi par Donald Trump risquaient de se traduire par moins de croissance, plus d’inflation et plus de chômage aux Etats-Unis». «Il devient clair que les taxes sur les produits importés seront significativement plus étendues qu’anticipé», a déclaré Jerome Powell, mettant en garde contre «une plus forte inflation et une croissance ralentie» et «un risque accru pour l’emploi». La Fed rejoint les pronostics du FMI qui pointe du doigt un risque important sur l’économie mondiale. «Il est important d’éviter des gestes qui pourraient heurter encore davantage l’économie mondiale», a indiqué Kristalina Georgieva dans un communiqué. L’Union européenne est en position de «œil pour œil», en ordre de bataille pour mettre en œuvre ses mesures de représailles. Celles-ci ciblent les géants américains des services comptant sur une batterie de décisions douanières pour riposter aux Etats-Unis.  Ismain

 

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