Rejetant avec fermeté les allégations maliennes : L’Algérie rappelle ses ambassadeurs à Bamako et Niamey

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Le gouvernement algérien a exprimé, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, sa « plus grande consternation » face aux déclarations du gouvernement de transition malien et du Conseil des chefs d’État de l’Union des États du Sahel. Ces déclarations, contenant des « accusations graves et mensongères » contre l’Algérie, ont été qualifiées de « tentatives désespérées » pour masquer l’échec de la junte au pouvoir à Bamako. 

 Dans sa réponse, Alger a vivement dénoncé ce qu’elle considère comme une manœuvre de la junte malienne pour « faire de l’Algérie un bouc émissaire » des crises sécuritaire, politique et économique que traverse le Mali. Le texte souligne que les putschistes, incapables de stabiliser le pays, préfèrent « piller les maigres ressources » maliennes plutôt que d’œuvrer pour son développement.  Sur la question du terrorisme, l’Algérie a balayé d’un revers de main les allégations maliennes, les jugeant « si peu sérieuses qu’elles ne méritent même pas de réponse ». Le communiqué rappelle le rôle historique d’Alger dans la lutte antiterroriste et fustige l’incapacité des autorités maliennes à contrer la menace, allant jusqu’à « recourir à des mercenaires » au lieu de solutions durables.   L’un des points les plus sensibles concerne l’interception, fin mars, d’un drone malien par la défense aérienne algérienne. Alger affirme détenir des preuves radar de plusieurs violations de son espace aérien, dont celles des 27 août et 29 décembre 2024, ainsi que celle du 31 mars 2025.  Selon les autorités algériennes, le drone abattu avait pénétré à 1,6 km en territoire algérien avant d’adopter une « trajectoire offensive », justifiant ainsi son interception. « Il s’agissait d’une manœuvre hostile claire », insiste le communiqué, qui précise que toutes les données techniques sont archivées et vérifiables.  L’Algérie a également exprimé son « profond regret » face au soutien apporté par le Niger et le Burkina Faso aux accusations maliennes, déplorant un « langage choquant et injustifiable ». En réaction, Alger a décidé de rappeler ses ambassadeurs à Bamako et Niamey pour consultations et de reporter la nomination de son nouvel ambassadeur à Ouagadougou.  Cette crise intervient dans un contexte régional déjà tendu, marqué par le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la CEDEAO et leur rapprochement avec des partenaires extérieurs, notamment la Russie. L’Algérie, qui cherche à maintenir son rôle de médiateur dans la région, voit ces tensions comme une nouvelle tentative de déstabilisation.  Ismain

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